Nairobi : Thérèse Faye appelle à faire des coopératives un pilier de l’économie africaine

Nairobi : Thérèse Faye appelle à faire des coopératives un pilier de l’économie africaine

NAIROBI, 9 octobre 2025 — La capitale kényane a accueilli cette semaine la 14ᵉ Réunion ministérielle africaine de la Conférence des coopératives, un rendez-vous majeur marqué par le lancement officiel de la loi type sur les coopératives pour l’Afrique. Cet instrument juridique, fruit d’un long travail entre le Parlement panafricain (PAP) et l’Alliance coopérative internationale (ACI-Afrique), ambitionne d’offrir aux États membres de l’Union africaine un cadre harmonisé pour encadrer, soutenir et développer le mouvement coopératif sur le continent.

Un tournant historique pour le mouvement coopératif africain

Au cœur des échanges, Thérèse Faye, députée et présidente de la Commission des affaires monétaires et financières du Parlement panafricain, a livré un discours fort, appelant à ériger les coopératives en pilier des économies africaines.

« Cette loi type est un instrument souple que les États africains peuvent adapter selon leurs réalités nationales. Elle traduit une vision africaine du développement solidaire et participatif », a-t-elle déclaré devant un parterre de ministres, de parlementaires et de responsables d’organisations internationales réunis à Nairobi.

Pour la députée sénégalaise, ce texte marque une étape décisive vers la souveraineté économique du continent, en promouvant un modèle fondé sur la solidarité, la production locale et la justice sociale.

Une loi issue d’un large processus de concertation

Lancée en 2022 à la suite d’une requête officielle de l’ACI-Afrique, l’élaboration de la loi type a mobilisé pendant plus de deux ans des parlementaires, des experts juridiques et des acteurs du terrain issus des cinq régions du continent.
Un atelier de validation, organisé à Nairobi en août 2023, avait permis d’enrichir le texte avant son adoption définitive par la plénière du Parlement panafricain en juin 2024. En février 2025, la loi a été présentée au Conseil exécutif de l’Union africaine, à Addis-Abeba, ouvrant la voie à sa mise en œuvre à l’échelle nationale.

« Une appropriation nationale est indispensable »

Devant les représentants des ministères africains des Coopératives, Thérèse Faye a invité chaque pays à s’approprier la loi et à la défendre au sein de ses institutions nationales.

« Nous avons la conviction que vous prendrez le relais et défendrez cette loi dans vos pays. En tant que parlementaires, nous sommes prêts à vous accompagner dans ce processus », a-t-elle assuré.

Elle a également plaidé pour une intégration des coopératives dans les politiques économiques nationales, estimant qu’elles doivent être considérées non plus comme des structures périphériques, mais comme des leviers de croissance inclusive et durable.

« Nous voulons bâtir une économie africaine au service du plus grand nombre et non d’une minorité. Les coopératives doivent devenir un pilier de nos économies, car elles incarnent les valeurs de solidarité, de justice et de partage », a insisté Mme Faye.

Une vision panafricaine de la souveraineté économique

Pour la présidente de la Commission des affaires monétaires et financières du PAP, la loi type s’inscrit dans une dynamique plus large de réappropriation économique du continent.

« Le Parlement panafricain est fier de présenter cette loi, fruit d’un travail collectif et d’une ambition commune. Puissions-nous, à travers elle, bâtir une Afrique plus juste, plus inclusive et plus souveraine », a-t-elle conclu.

Avec cette initiative portée depuis Nairobi, le mouvement coopératif africain s’affirme comme un acteur clé de la transformation économique du continent, prônant un modèle basé sur la coopération, la solidarité et la résilience face aux défis mondiaux.

Seune Cheikh FAYE

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