Deux frappes israéliennes sur le sud de Gaza : Israël et le Hamas s’accusent mutuellement de rompre le cessez-le-feu
La trêve fragile conclue entre Israël et le Hamas semble vaciller à nouveau. Deux frappes aériennes israéliennes ont visé, dimanche 19 octobre, la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, selon plusieurs témoins et médias locaux. Ces bombardements interviennent alors qu’Israël et le mouvement islamiste palestinien s’accusent mutuellement d’avoir violé le cessez-le-feu en vigueur depuis plusieurs jours.
Rafah à nouveau ciblée
D’après des sources locales, les explosions ont touché deux sites distincts à proximité de la frontière égyptienne, semant la panique parmi les habitants. Aucune information immédiate n’a été fournie sur d’éventuelles victimes, mais des secouristes palestiniens ont indiqué que plusieurs maisons avaient été endommagées.
L’armée israélienne a confirmé avoir mené des frappes ciblées contre ce qu’elle décrit comme des « positions du Hamas » à Rafah. Selon un responsable militaire israélien, le mouvement islamiste aurait attaqué des soldats israéliens au-delà de la zone tampon, utilisant notamment une grenade et des tirs de sniper. Israël considère ces actions comme « une violation flagrante » de l’accord de cessez-le-feu.
Le Hamas dénonce une « provocation délibérée »
Du côté palestinien, la riposte ne s’est pas fait attendre. Izzat al-Risheq, un haut responsable du Hamas, a dénoncé ce qu’il qualifie de « provocation délibérée » de la part d’Israël. « Notre mouvement reste pleinement attaché à l’accord de cessez-le-feu, mais c’est Israël qui en viole les termes à plusieurs reprises », a-t-il déclaré dans un communiqué diffusé à Gaza.
Le Hamas accuse également l’armée israélienne d’avoir ouvert le feu sur des zones civiles à proximité de Khan Younès et d’avoir intensifié ses survols aériens dans le sud de l’enclave, en dépit des clauses de la trêve.
Une trêve au bord de la rupture
Cette nouvelle escalade met en péril les efforts de médiation entrepris par le Qatar, l’Égypte et les Nations unies, qui tentaient de maintenir le calme après plusieurs semaines de combats meurtriers. Le cessez-le-feu, entré en vigueur plus tôt ce mois-ci, devait permettre l’acheminement de l’aide humanitaire vers la population gazaouie, épuisée par les bombardements et les pénuries.
Les observateurs internationaux redoutent désormais une reprise totale des hostilités, alors que la situation humanitaire reste catastrophique dans la bande de Gaza, où des centaines de milliers de civils vivent sans accès stable à l’eau, à l’électricité ou aux soins médicaux.
Une tension permanente malgré la trêve
Depuis le début du conflit, Israël affirme vouloir empêcher le Hamas de reconstituer ses capacités militaires, tandis que le mouvement palestinien accuse l’État hébreu de profiter des périodes de trêve pour renforcer son dispositif militaire autour de Gaza.
À Rafah, symbole de la fragilité du cessez-le-feu, la population redoute déjà un retour à la guerre totale. « Nous pensions que la trêve tiendrait, mais les bombes sont revenues », a témoigné par téléphone un habitant de la ville.
Les heures à venir seront décisives pour déterminer si le fragile équilibre obtenu ces dernières semaines peut encore être sauvé, ou si la bande de Gaza replongera dans un nouveau cycle de violence
