Yémen : sept employés yéménites de l’ONU arrêtés à Sanaa pour « espionnage au profit d’Israël », selon une source houthie
La tension monte au Yémen. Sept employés yéménites des Nations unies ont été arrêtés à Sanaa par les forces de sécurité houthies, a appris l’AFP vendredi auprès d’une source sécuritaire proche des autorités rebelles. Ces arrestations sont justifiées, selon les Houthis, par des accusations d’« espionnage au profit d’Israël », une accusation particulièrement grave dans le contexte régional explosif.
« Sept employés des Nations unies, tous Yéménites, ont été arrêtés entre la nuit dernière et cet après-midi pour espionnage au profit d’Israël », a indiqué la source, sans préciser les agences onusiennes concernées ni les circonstances exactes des interpellations.
Des arrestations sur fond de tensions régionales
Ces interpellations interviennent alors que les Houthis multiplient les démonstrations de défiance envers les puissances occidentales et leurs alliés régionaux, notamment depuis l’intensification du conflit entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza. Les rebelles chiites, soutenus par l’Iran, se présentent comme partie prenante du « front de résistance » contre Israël et les États-Unis.
Selon plusieurs observateurs locaux, cette vague d’arrestations pourrait également viser à resserrer l’étau sur les organisations internationales opérant dans les zones contrôlées par les Houthis, accusées à plusieurs reprises par ces derniers d’« ingérence » ou de « partialité politique ».
Silence de l’ONU pour le moment
Contacté par l’AFP, un porte-parole des Nations unies à New York a indiqué que l’organisation cherchait à vérifier les informations avant toute réaction officielle.
L’ONU maintient une présence humanitaire importante au Yémen, où plus de 21 millions de personnes — soit deux tiers de la population — dépendent de l’aide internationale après plus de neuf ans de guerre.
Un climat de suspicion généralisé
Ces arrestations s’inscrivent dans une série d’actes de pression menés depuis plusieurs mois contre les ONG et institutions internationales travaillant dans les zones houthies. En juin dernier, plusieurs employés d’agences humanitaires avaient déjà été brièvement détenus à Sanaa pour des « raisons de sécurité nationale ».
Alors que la guerre au Yémen connaît un fragile statu quo depuis l’année dernière, la détention de personnels onusiens risque d’envenimer davantage les relations entre les rebelles houthis et la communauté internationale, déjà marquées par la méfiance et les accusations réciproques.
