Madagascar : l’ex-président Andry Rajoelina officiellement déchu de sa nationalité malgache

Madagascar : l’ex-président Andry Rajoelina officiellement déchu de sa nationalité malgache

Coup de tonnerre politique à Madagascar. L’ancien président Andry Rajoelina a été déchu de sa nationalité malgache, selon un décret publié au Journal officiel et signé par le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo. Une décision aux répercussions potentiellement explosives dans un pays encore marqué par de profondes divisions politiques.

Le texte gouvernemental invoque l’article 42 du Code de la nationalité malgache, qui stipule que « perd la nationalité malgache tout individu ayant volontairement acquis une nationalité étrangère ». Or, selon les autorités, Andry Rajoelina aurait obtenu la nationalité française en 2014, alors qu’il dirigeait encore la transition politique consécutive à la crise de 2009.

Une décision aux implications politiques majeures

Cette déchéance marque un tournant dans la trajectoire de l’ancien chef d’État, revenu au pouvoir en 2019 avant de céder la présidence à la suite de l’élection de 2023. Rajoelina, figure centrale de la vie politique malgache depuis plus d’une décennie, voit désormais sa légitimité remise en cause sur le plan juridique et symbolique.

Le décret pourrait également relancer le débat sur la double nationalité des dirigeants politiques à Madagascar, un sujet sensible déjà au cœur de polémiques en 2023, lorsque la révélation de la naturalisation française de Rajoelina avait suscité une vague d’indignation et de contestations dans l’opposition.

Silence du principal intéressé

Pour l’heure, Andry Rajoelina n’a pas réagi publiquement à cette décision. Son entourage politique n’a pas souhaité commenter le décret, se contentant d’évoquer une « manœuvre politique » destinée à « effacer un adversaire trop influent ».

Un précédent inédit

C’est la première fois dans l’histoire récente du pays qu’un ancien président est officiellement déchu de sa nationalité. Juridiquement, cette décision pourrait empêcher Rajoelina de briguer à nouveau des fonctions publiques, en vertu des lois électorales malgaches qui exigent la nationalité exclusive pour tout candidat à la présidence.

Alors que la scène politique malgache reste en quête de stabilité, cette affaire ravive les tensions entre le camp gouvernemental et les partisans de l’ex-chef d’État, ouvrant une nouvelle période d’incertitude dans l’île de l’océan Indien.

Seune Cheikh FAYE

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