Allemagne : Friedrich Merz s’oppose à l’interdiction des véhicules thermiques en 2035

Allemagne : Friedrich Merz s’oppose à l’interdiction des véhicules thermiques en 2035

Berlin – Le chancelier allemand Friedrich Merz a relancé, lundi 6 octobre, le débat sur l’avenir de l’automobile en Europe en réclamant la levée de l’interdiction prévue en 2035 de la vente des véhicules thermiques. Dans une interview accordée à la chaîne NTV, le dirigeant conservateur a estimé que cette mesure décidée par l’Union européenne mettait en péril l’une des industries clés du continent.

« Je ne veux pas que l’Allemagne soit l’un des pays soutenant cette mauvaise interdiction », a déclaré Friedrich Merz, ajoutant que les difficultés actuelles du secteur automobile – confronté à la hausse des coûts, à la concurrence chinoise et à la lenteur de la transition électrique – imposaient une révision de la stratégie européenne.

Adopté en 2022, le règlement européen prévoit la fin de la commercialisation des véhicules neufs à moteur essence, diesel ou hybride à partir de 2035, au profit des véhicules à zéro émission. Une décision saluée à l’époque comme un tournant écologique majeur, mais aujourd’hui de plus en plus contestée par plusieurs États et constructeurs.

En Allemagne, les grands groupes comme Volkswagen, BMW ou Mercedes-Benz ont multiplié les avertissements ces derniers mois, pointant la chute de la demande pour les voitures électriques et les incertitudes sur les infrastructures de recharge. Le gouvernement Merz, arrivé au pouvoir sur une ligne favorable à l’industrie, cherche désormais à obtenir une réévaluation de la directive européenne.

L’opposition écologiste et sociale-démocrate dénonce toutefois un recul climatique. Pour les Verts, revenir sur l’objectif de 2035 reviendrait à « trahir les engagements environnementaux de l’Allemagne » et à affaiblir la crédibilité du pays au sein de l’Union européenne.

Ce bras de fer met en lumière les tensions entre impératifs économiques et ambitions écologiques. Alors que l’Union européenne s’apprête à réexaminer l’objectif de neutralité carbone du secteur automobile, la prise de position de Friedrich Merz pourrait rallier d’autres capitales européennes, soucieuses, elles aussi, de ménager leur industrie nationale.

L’Allemagne, berceau de l’automobile, se retrouve ainsi au cœur d’un débat stratégique majeur : comment concilier compétitivité industrielle et transition écologique sans sacrifier ni l’un ni l’autre.

Seune Cheikh FAYE

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