Bolsonaro frappé doublement : de la prison au cancer, le Brésil sous tension
Brasilia – À peine quelques jours après avoir été condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État, Jair Bolsonaro a vu son destin s’assombrir davantage. L’ex-président brésilien, figure controversée de la droite radicale, a été diagnostiqué mercredi 17 septembre d’un cancer de la peau, compliquant encore une situation déjà explosive sur les plans politique et judiciaire.
Un verdict aux répercussions géopolitiques
Le jugement rendu par la Cour suprême marque un tournant inédit dans l’histoire du Brésil : jamais un ancien chef d’État n’avait été condamné à une telle peine pour avoir tenté de renverser les institutions. Reconnu coupable de « conspiration pour se maintenir au pouvoir », Jair Bolsonaro reste assigné à résidence depuis le 4 août, sous surveillance policière.
Ce procès, qualifié d’« historique », divise profondément le pays et alimente les tensions politiques. Ses partisans dénoncent une « persécution » et appellent à une amnistie pour l’ancien président et des centaines de militants bolsonaristes condamnés pour leur rôle dans l’assaut contre les institutions en 2023. Dans les coulisses, certains analystes estiment que cette polarisation fragilise l’image du Brésil à l’international, au moment où le président Luiz Inacio Lula da Silva tente de repositionner son pays comme un acteur de stabilité en Amérique latine.
Une santé chancelante
À 70 ans, Jair Bolsonaro paie aussi un lourd tribut physique. Depuis le coup de couteau reçu en pleine campagne électorale en 2018, l’ex-président a subi de multiples opérations chirurgicales et s’est régulièrement absenté de la scène publique pour raisons médicales. Son état de santé est devenu à la fois un sujet de préoccupation et un angle d’attaque pour ses opposants.
Mardi 16 septembre, il a été hospitalisé d’urgence pour des vertiges et des vomissements. Après une nuit en observation à la clinique DF Star de Brasilia, les médecins ont révélé les résultats d’une biopsie cutanée effectuée deux jours plus tôt : un carcinome à cellules squameuses, une forme de cancer de la peau potentiellement grave. Bien que les médecins écartent pour l’instant l’hypothèse d’une chimiothérapie, le suivi médical reste incontournable.
Entre politique et survie personnelle
Cette double épreuve – judiciaire et médicale – fragilise considérablement Jair Bolsonaro, autrefois figure centrale de la politique brésilienne et idole d’une frange radicale de la population. Ses soutiens, toutefois, refusent de baisser les bras. « Mon père a déjà livré des batailles plus difficiles et en est sorti victorieux. Il en ira de même pour celle-là », a affirmé son fils aîné, Flavio Bolsonaro, dans un message adressé à ses partisans.
Mais derrière cette solidarité affichée, une question persiste : l’ex-président pourra-t-il réellement redevenir un acteur majeur de la scène politique, alors que son avenir se joue désormais autant dans les salles d’audience que dans les chambres d’hôpital ?
