Burkina Faso : 53 tonnes d’or en 2024, mais plus de 800 mines artisanales échappent au contrôle

Burkina Faso : 53 tonnes d’or en 2024, mais plus de 800 mines artisanales échappent au contrôle

Le Burkina Faso confirme sa place parmi les principaux producteurs d’or d’Afrique de l’Ouest. Selon Doulaye Sanou, secrétaire général du ministère de l’Énergie, des Mines et des Carrières, le pays disposait en 2024 de 22 permis d’exploitation industrielle valides, dont 13 mines industrielles pleinement opérationnelles, qui ont produit 53,375 tonnes d’or.

À ces sites s’ajoutent sept mines semi-mécanisées, huit autorisations d’exploitation artisanale et plus de 800 sites artisanaux informels, échappant en grande partie au contrôle des autorités. Ce panorama illustre un secteur minier à deux vitesses : d’un côté, les projets industriels générant des recettes publiques, de l’autre, une exploitation artisanale massive et difficile à encadrer.

L’or, moteur économique mais source de défis

Le Burkina Faso tire une part importante de ses exportations et de ses revenus publics de l’or. Cependant, la prolifération des sites artisanaux informels, souvent exploités dans des conditions précaires et échappant au contrôle fiscal, pose des défis majeurs en matière de gouvernance, de sécurité et d’environnement.

Si l’exploitation industrielle contribue à la croissance et à l’emploi, l’artisanat minier, bien qu’il fournisse des revenus à des milliers de ménages, reste associé à fraude, contrebande et impacts négatifs sur les communautés locales. Les autorités soulignent la nécessité d’un encadrement plus strict pour concilier exploitation aurifère et développement durable.

La SAMAO 2025 : un forum stratégique

Ces chiffres ont été annoncés à l’approche de la 7e édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO), qui se tiendra du 25 au 27 septembre 2025 à Ouagadougou. Placée sous le thème : « Les défis de la réhabilitation et de la fermeture des mines en Afrique : quelle nouvelle vie pour les communautés locales ? », la rencontre réunira plus de 2.000 participants venus du Burkina Faso, de la sous-région et d’ailleurs.

Selon M. Sanou, la SAMAO sera l’occasion de discuter de l’après-mine, de la gestion durable des ressources et de la réhabilitation des sites, alors que plusieurs mines approchent de leur phase de fermeture. L’événement entend également promouvoir des pratiques responsables afin que les communautés locales bénéficient d’une véritable « nouvelle vie » après la fin des activités extractives.

Entre opportunités et responsabilités

Pour le Burkina Faso, l’or demeure une ressource stratégique génératrice de devises et d’emplois. Mais il soulève des enjeux sociaux et environnementaux importants, notamment en matière de sécurité des sites et de protection des écosystèmes. La réhabilitation des mines, le renforcement de l’encadrement des exploitations artisanales et une redistribution plus équitable des revenus miniers figurent désormais au cœur des discussions nationales.

Alors que le pays s’apprête à accueillir des investisseurs, experts et décideurs lors de la SAMAO 2025, le défi est clair : comment transformer un secteur aurifère prospère mais fragmenté en une source durable de développement pour l’ensemble des Burkinabè.

RASMATA BELEM

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *