Colombie : le président Gustavo Petro accuse les États-Unis de « commettre des exécutions extrajudiciaires » dans les Caraïbes et le Pacifique
Le président colombien Gustavo Petro a vivement dénoncé jeudi les frappes menées par les forces américaines dans les Caraïbes et le Pacifique, les qualifiant d’« exécutions extrajudiciaires » contraires au droit international. Ces opérations, selon Washington, auraient coûté la vie à 37 personnes suspectées de trafic de drogue.
Lors d’une conférence de presse tenue à Bogota, le chef de l’État colombien a accusé les États-Unis de recourir à des méthodes « inacceptables » dans le cadre de leur lutte contre le narcotrafic.
« Dans ce type de manœuvres, qui selon nous enfreignent le droit international, les États-Unis commettent des exécutions extrajudiciaires », a déclaré Gustavo Petro, appelant à ce que les suspects soient jugés et non abattus.
Un ton rare face à Washington
Ces déclarations marquent un nouvel épisode de tension diplomatique entre Bogota et Washington. Le président Petro, issu de la gauche, critique depuis plusieurs mois la stratégie militarisée de la “guerre contre la drogue”, qu’il juge inefficace et meurtrière.
« Aucune démocratie ne peut se permettre de devenir juge et bourreau au nom de la lutte contre le trafic de stupéfiants », a-t-il ajouté, en appelant la communauté internationale à réévaluer les méthodes d’intervention américaines dans la région.
Les États-Unis défendent leurs opérations
De leur côté, les autorités américaines assurent que les frappes ciblées ont été menées dans le strict respect du droit international et qu’elles visaient des embarcations suspectes impliquées dans le transport de cocaïne.
Selon le Pentagone, ces interventions auraient permis de perturber plusieurs réseaux criminels transnationaux, notamment entre la Colombie, le Venezuela et l’Amérique centrale.
Une polémique qui ravive le débat sur la souveraineté régionale
Les propos de Gustavo Petro interviennent alors que plusieurs gouvernements d’Amérique latine s’interrogent sur la légitimité des opérations militaires américaines dans les eaux internationales des Caraïbes et du Pacifique.
Des organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, ont également appelé à plus de transparence sur ces frappes, estimant qu’elles pourraient avoir fait des victimes civiles.
Le président colombien a conclu en réaffirmant la position de son pays :
« La Colombie ne soutiendra jamais des actions qui bafouent la vie humaine, même au nom de la lutte contre la drogue. Ce combat doit être juridique, social et économique, jamais une guerre sans loi. »
Cette sortie publique risque de raviver les frictions entre Bogota et Washington, partenaires historiques mais désormais en désaccord profond sur la manière d’aborder la lutte antidrogue et le respect du droit international.
