Cuba : le dissident José Daniel Ferrer quitte l’île pour les États-Unis après des années de détention

Cuba : le dissident José Daniel Ferrer quitte l’île pour les États-Unis après des années de détention

Le célèbre opposant cubain José Daniel Ferrer, figure emblématique de la dissidence à Cuba, a quitté l’île pour les États-Unis, a annoncé ce lundi 13 octobre le ministère cubain des Affaires étrangères. Le départ du militant, détenu depuis plusieurs années dans une prison de l’est du pays, intervient à la suite d’une demande formelle de Washington et de l’accord personnel de Ferrer, selon le communiqué officiel.

« Ce départ à destination des États-Unis a lieu après une demande formelle du gouvernement de ce pays et l’accord express de Ferrer », précise le ministère. Cette annonce met fin à une longue période d’incertitude sur le sort du dissident, l’un des plus connus du régime communiste, souvent décrit comme un symbole de la résistance politique à La Havane.

Âgé de 54 ans, José Daniel Ferrer est le fondateur de l’Union patriotique de Cuba (UNPACU), un mouvement d’opposition créé en 2011 pour promouvoir la démocratie et les droits humains sur l’île. Il avait été arrêté à plusieurs reprises, notamment en 2003 lors du « Printemps noir », une vague de répression contre les intellectuels et militants pro-démocratie.

Le 4 octobre dernier, depuis sa cellule, Ferrer avait affirmé avoir accepté de partir en exil, dénonçant les « coups, tortures, humiliations et menaces » subis en détention. Ses proches et plusieurs ONG de défense des droits humains, dont Amnesty International, avaient multiplié les appels à sa libération, estimant qu’il était détenu pour ses opinions politiques.

À Miami, où réside une importante diaspora cubaine, la nouvelle de son arrivée a été accueillie comme une victoire morale, même si beaucoup y voient aussi un exil forcé plutôt qu’une véritable libération.

Ce départ souligne une fois encore la fragilité du dialogue entre La Havane et Washington, dans un contexte de tensions persistantes sur la question des droits humains à Cuba. Pour José Daniel Ferrer, désormais libre mais déraciné, s’ouvre une nouvelle bataille : poursuivre depuis l’exil son combat pour la liberté à Cuba.

Seune Cheikh FAYE

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