Diomaye Faye hausse le ton : le FMI dans le viseur du Sénégal

Diomaye Faye hausse le ton : le FMI dans le viseur du Sénégal

Le président Bassirou Diomaye Faye n’a pas mâché ses mots lors d’un entretien exclusif avec France 24. Face aux retards du Fonds monétaire international (FMI) pour relancer un nouveau programme pour le Sénégal, le chef de l’État a mis l’institution devant ses responsabilités, dénonçant une lenteur inacceptable et rappelant des alertes restées lettres mortes.

Une dette cachée révélée

Depuis plusieurs mois, le gouvernement de Diomaye Faye a révélé l’existence d’une dette « cachée » accumulée par l’ancien gouvernement, un dossier qui bloque la reprise des discussions avec le FMI. Pour le président, cette situation n’est pas due à un manque de transparence du Sénégal, mais à l’attentisme de l’institution internationale.

Un rappel historique

« En 2018, j’avais écrit une lettre – portée par le seul député que nous avions à l’époque, l’actuel Premier ministre Ousmane Sonko – pour alerter le FMI sur le dépassement des ressources extérieures. À l’époque, le montant n’était “que” de 236 milliards », a expliqué Diomaye Faye. Le FMI, poursuit-il, n’avait pas répondu et n’avait pas pris les mesures nécessaires pour encadrer ces pratiques. Six ans plus tard, devenu président, il affirme avoir appliqué la loi sur la transparence financière et accompli tous les devoirs du Sénégal pour restaurer la crédibilité du pays.

Une injonction claire au FMI

« Le FMI est libre de faire les diligences additionnelles qui le rassurent », insiste Diomaye Faye, « mais nous voulons qu’il presse le pas, pour savoir sur quel pied danser et pour que nos partenaires, qui attendent son signal, puissent également s’aligner ». Le président dénonce ainsi une attente qui pénalise le pays, et réclame une réactivité immédiate de l’institution internationale.

Transparence et crédibilité nationale

Pour Diomaye Faye, le message est clair : le Sénégal a pris toutes les mesures pour garantir la transparence et la rigueur financière, et attend désormais des partenaires internationaux qu’ils reconnaissent ces efforts. « Nous continuerons notre travail, mais nous attendons des réponses concrètes », conclut-il, soulignant la fermeté et l’exigence de son gouvernement face aux institutions financières mondiales.

Seune Cheikh FAYE

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