France : Retailleau et Larcher rejettent toute participation de LR au gouvernement Lecornu
La droite se ferme la porte du futur gouvernement. Le président des Républicains, Bruno Retailleau, et le président du Sénat, Gérard Larcher, se sont déclarés, samedi 11 octobre, opposés à toute participation de leur parti au gouvernement que Sébastien Lecornu s’apprête à former, selon des informations rapportées par l’AFP.
Réunis avec les parlementaires LR au lendemain de la nomination du ministre des Armées à Matignon par Emmanuel Macron, les deux figures majeures de la droite sénatoriale ont affiché une ligne claire : pas question d’entrer dans une coalition gouvernementale avec la majorité présidentielle.
« Ma conviction, c’est qu’il ne faut pas participer », a affirmé Bruno Retailleau, qui fut pressenti un temps pour rejoindre un gouvernement d’union nationale. L’ancien ministre de l’Intérieur démissionnaire a insisté sur la nécessité de préserver l’indépendance du parti, expliquant qu’il ne se reconnaissait pas dans la ligne politique d’Emmanuel Macron ni dans les compromis que supposerait une alliance avec la majorité.
Même son de cloche du côté de Gérard Larcher. Le président du Sénat a mis en garde contre un gouvernement qui, selon lui, serait « soumis aux pressions de la gauche et du Parti socialiste ». « Le PS va faire du chantage à la censure, et le prochain gouvernement devra renoncer à tout : le sérieux budgétaire, le régalien, la défense du travail », a-t-il lancé, avant de conclure : « Je ne pense pas qu’il faille participer à ce gouvernement. »
Ces prises de position réduisent encore la marge de manœuvre de Sébastien Lecornu, qui tente depuis sa nomination de bâtir une majorité d’ouverture autour de son projet. Du côté de l’Élysée, on espérait rallier quelques personnalités de droite pour renforcer la stabilité du nouvel exécutif, mais la résistance des poids lourds LR rend cette perspective de plus en plus improbable.
En refusant l’offre de participation, Les Républicains choisissent donc la ligne de l’opposition ferme, tout en se réservant la possibilité de soutenir certaines réformes « au cas par cas ». Une stratégie risquée, mais assumée, dans un paysage politique français toujours plus fragmenté.
