Fusillade mortelle à Nice : plusieurs victimes sans lien avec le trafic de drogue, selon le parquet

Fusillade mortelle à Nice : plusieurs victimes sans lien avec le trafic de drogue, selon le parquet

Une fusillade d’une extrême violence a éclaté vendredi soir dans le quartier des Moulins, à Nice, faisant deux morts et cinq blessés. Si l’attaque semble liée au trafic de stupéfiants, plusieurs victimes n’auraient aucun lien avec ce milieu, selon les précisions du procureur de la République, Damien Martinelli.

Une scène de guerre au cœur des Moulins

Les faits se sont déroulés vers 21 h 10, sur la place principale du quartier, connue pour être un point de deal actif. Des assaillants, à bord d’un Peugeot 3008, ont ouvert le feu avec une arme de guerre de type Kalachnikov, semant la panique parmi les habitants. Les témoins décrivent des tirs nourris et des cris, suivis d’un silence glaçant.

Les forces de l’ordre, rapidement sur place, ont découvert deux corps sans vie : un homme né en 1966 et un adolescent de 19 ans, né en 2005. Cinq autres personnes ont été blessées, dont deux mineurs, mais aucune ne se trouve en danger de mort, a indiqué le parquet.

Des victimes collatérales du trafic

« Si ces faits semblent d’évidence en lien avec le trafic de stupéfiants, plusieurs des victimes apparaissent sans lien avec celui-ci, les tirs ayant pu viser indistinctement les personnes présentes », a précisé le procureur Damien Martinelli dans un communiqué.
Cette déclaration renforce l’hypothèse d’une fusillade aveugle, où des habitants ordinaires auraient été pris dans la ligne de mire d’un règlement de comptes.

Sur les lieux, les enquêteurs ont retrouvé 25 douilles de calibre 7,62 mm, correspondant à un fusil d’assaut Kalachnikov, ainsi que cinq douilles de calibre 9 mm. Ces dernières pourraient provenir soit d’une arme des tireurs, soit d’une éventuelle riposte.

Le véhicule des assaillants retrouvé incendié

Quelques heures après les faits, un véhicule correspondant à la description du Peugeot 3008 des tireurs a été retrouvé calciné à Mougins, à une vingtaine de kilomètres de Nice. Selon les premiers éléments, la voiture avait été volée à Marseille le 30 septembre et circulait avec de fausses plaques d’immatriculation.

Les enquêteurs privilégient la piste d’un règlement de comptes entre réseaux rivaux, sur fond de guerre de territoires pour le contrôle du trafic de drogue dans la région niçoise.

Une enquête pour homicides en bande organisée

Le parquet de Nice a ouvert une enquête pour « homicides volontaires en bande organisée » et « tentatives d’homicide volontaire en bande organisée », confiée conjointement à la police judiciaire des Alpes-Maritimes et à la direction zonale de la police nationale des Bouches-du-Rhône.

Colère et inquiétude dans le quartier

Dans le quartier des Moulins, les habitants expriment leur colère et leur peur face à une violence devenue quasi quotidienne. « On ne peut plus sortir le soir, on vit dans la terreur », confie une résidente, encore sous le choc.

Le maire de Nice, Christian Estrosi, a condamné « un acte barbare » et réclamé un renforcement massif des moyens policiers pour reprendre le contrôle des quartiers gangrenés par le trafic.

Alors que les enquêteurs poursuivent leurs investigations, Nice se réveille une fois de plus endeuillée, rattrapée par une spirale de violence urbaine qui frappe désormais au hasard, sans distinction entre trafiquants et simples passants.

Seune Cheikh FAYE

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