Gabon : Sylvia et Noureddin Bongo ne retourneront pas à Libreville pour leur procès, affirme leur avocat

Gabon : Sylvia et Noureddin Bongo ne retourneront pas à Libreville pour leur procès, affirme leur avocat

L’affaire judiciaire qui secoue encore le Gabon connaît un nouveau rebondissement. Sylvia Bongo Ondimba, l’ancienne Première dame, et son fils Noureddin Bongo Valentin ne se rendront pas à Libreville pour leur procès prévu le 10 novembre prochain. C’est ce qu’a annoncé mercredi leur avocat, Me Pierre-Olivier Sur, dans un communiqué largement relayé par la presse internationale.

Selon le conseil de la famille Bongo, ce procès n’aurait « rien de juste ni d’équitable ». « On ne peut pas attendre de Sylvia et Noureddin qu’ils retournent sous la garde de leurs tortionnaires à Libreville pour cet événement », a-t-il déclaré, dénonçant un « procès spectacle » organisé, selon lui, dans un climat de revanche politique.

Une affaire au cœur du coup d’État d’août 2023

Sylvia et Noureddin Bongo avaient été arrêtés dans les heures qui ont suivi le coup d’État militaire du 30 août 2023, qui a mis fin à plus de 55 ans de règne de la famille Bongo sur le Gabon. Les deux proches de l’ancien président Ali Bongo Ondimba sont poursuivis pour détournement massif de fonds publics, blanchiment d’argent et corruption.
Depuis leur libération provisoire, ils résident à Londres, où ils bénéficient, selon leur avocat, de soins et de garanties de sécurité qu’ils n’auraient pas au Gabon.

Des autorités gabonaises déterminées à aller jusqu’au bout

À Libreville, le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), dirigé par le général Brice Clotaire Oligui Nguema, semble décidé à faire de ce procès un symbole de la lutte contre l’impunité et la mauvaise gouvernance. Plusieurs anciens dignitaires du régime Bongo sont déjà poursuivis ou condamnés dans le cadre de la même opération judiciaire.

Mais pour la défense, cette procédure est avant tout politique. « La justice gabonaise ne peut pas garantir un procès impartial tant que le régime actuel contrôle tous les leviers du pouvoir », estime Me Pierre-Olivier Sur.

Un procès sous haute tension

Alors que Libreville se prépare à accueillir ce procès très médiatisé, l’absence annoncée de Sylvia et Noureddin Bongo risque de raviver les tensions entre les partisans du nouveau pouvoir et les nostalgiques de l’ancien régime.
Dans un contexte où la transition promet de refonder les institutions du pays, cette affaire illustre les fractures profondes d’un Gabon encore en quête de stabilité politique et judiciaire.

Seune Cheikh FAYE

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