GreenTech Sénégal : espoirs brisés et jeunesse trahie
Ce qui devait être un projet d’avenir pour la jeunesse sénégalaise s’est transformé en véritable cauchemar social. Selon un communiqué de presse signé par Hapsatou Sy, présidente de Greentech Sénégal publié ce mercredi 11 juin 2025, 80 jeunes Sénégalais recrutés par GreenTech Sénégal, filiale du groupe français GreenTech, basée à Clermont-Ferrand, ont travaillé durant près de huit mois sans percevoir de rémunération. Une situation dénoncée avec force par Hapsatou Sy, entrepreneure et personnalité médiatique franco-sénégalaise, qui s’est engagée aux côtés des victimes.
❝ Exploités dans leur propre pays ❞
Le communiqué détaille un tableau accablant : jeunes embauchés sur la promesse d’un projet structurant, puis abandonnés sans contrat, ni salaire, par une entreprise majoritairement détenue par le groupe français. La situation soulève des questions graves sur les pratiques d’entreprises étrangères en Afrique.
« Ces jeunes ont cru à un avenir, à une opportunité. Ils se sont retrouvés à travailler gratuitement pendant des mois », peut-on lire dans le communiqué. À la colère s’ajoute l’indignation, alors que les preuves d’engagement auraient été validées par écrit par Jean-Yves Berthon lui-même.
Une contre-offensive jugée « indigne »
Face à la dénonciation publique de cette situation, le PDG de GreenTech, Jean-Yves Berthon, aurait lancé une campagne médiatique de déstabilisation, selon le communiqué. Accusé d’avoir tenté d’étouffer l’affaire à coups de désinformation et d’argent, Berthon irait jusqu’à nier l’existence des salariés non rémunérés.
Plus préoccupant encore, le dirigeant français aurait tenté de détourner l’objet social du projet, ainsi que le terrain affecté par l’État sénégalais à cette initiative d’intérêt public. L’objectif présumé : l’attribuer à une autre activité commerciale, en augmentant artificiellement les actifs de la maison-mère en France. Une tentative que Hapsatou Sy a fermement rejetée, selon le communiqué.
Un conflit sur fond d’opacité financière
Autre volet du dossier : les documents comptables du projet. Le communiqué révèle que Jean-Yves Berthon aurait refusé de régler les honoraires du cabinet d’expertise chargé de l’audit, tout en exigeant l’accès aux comptes. Le cabinet, réputé à l’international, a refusé de remettre les documents tant que les paiements n’étaient pas honorés, conformément aux normes professionnelles.
Ce refus aurait alimenté les tensions, Berthon avançant que les comptes ne lui auraient jamais été transmis une version qualifiée de « trompeuse » dans le communiqué.
Hapsatou Sy dément fermement toute malversation
Au centre de la tourmente, Hapsatou Sy fait aussi l’objet de rumeurs infondées. Accusée dans certains médias d’avoir perçu plus de 330 000 euros, elle dément catégoriquement, assurant que les sommes reçues l’ont été dans le cadre de missions contractualisées et déclarées, en France, aux Émirats arabes unis et au Sénégal.
Le communiqué précise également qu’aucun versement lié au terrain public n’a été encaissé par Mme Sy, et que les honoraires liés au projet ont été directement versés aux prestataires, sur ordre de Berthon.
Vers une bataille judiciaire
Alors que Jean-Yves Berthon fait déjà l’objet de poursuites en France pour des faits similaires, les 80 jeunes Sénégalais concernés et Hapsatou Sy annoncent poursuivre leur combat pour faire valoir leurs droits.
« Ce combat est celui de la vérité, de la justice et de la dignité », conclut le communiqué.
Un appel aux autorités sénégalaises
Face à l’ampleur du scandale, le texte interpelle les autorités sénégalaises, appelées à faire preuve de « la plus grande vigilance face à ces abus » et à protéger la jeunesse nationale contre des investisseurs aux méthodes « qui ne seraient jamais tolérées dans leur propre pays ».
En attendant une réponse officielle des autorités ou de GreenTech France, cette affaire pourrait bien devenir emblématique des dérives de certains investissements étrangers en Afrique, et relancer le débat sur la souveraineté économique et sociale dans les projets dits « de développement ».
