Inde : un sirop pour la toux interdit après la mort de plusieurs enfants, l’émotion gagne le pays

Inde : un sirop pour la toux interdit après la mort de plusieurs enfants, l’émotion gagne le pays

New Delhi, 5 octobre 2025 — L’Inde est une nouvelle fois secouée par un drame sanitaire. Au moins neuf enfants âgés de moins de cinq ans sont décédés ces deux derniers mois après avoir consommé un sirop pour la toux contaminé. Face à la gravité de la situation, trois États indiens ont décidé d’interdire la vente du produit, tandis qu’une enquête nationale a été ouverte.

Selon les premiers résultats communiqués par le ministère fédéral de la Santé, les analyses ont révélé la présence de diéthylène glycol (DEG), un composé chimique hautement toxique utilisé notamment comme antigel. « Les échantillons analysés contenaient des quantités de DEG supérieures aux normes admissibles », a précisé le ministère dans un communiqué publié samedi.

Une entreprise locale mise en cause

Le sirop incriminé a été fabriqué par Sresan Pharma, une entreprise basée dans l’État du Tamil Nadu (sud du pays). Le Madhya Pradesh, où le plus grand nombre de victimes a été recensé, a immédiatement interdit la vente du produit. « Les autres médicaments produits par cette même société sont également suspendus jusqu’à nouvel ordre », a annoncé le chef de l’exécutif local, Mohan Yadav.

D’autres États, dont le Tamil Nadu et le Rajasthan, ont emboîté le pas en retirant le sirop des pharmacies et en lançant des contrôles renforcés sur les produits de la firme. Les autorités sanitaires locales ont également ordonné la fermeture temporaire de l’usine concernée, le temps de vérifier ses procédés de fabrication.

Un scandale aux résonances internationales

Cette tragédie ravive de douloureux souvenirs pour l’Inde, premier exportateur mondial de médicaments génériques. En 2022 déjà, des sirops antitussifs fabriqués en Inde avaient été mis en cause dans la mort de plus de 70 enfants en Gambie, en Afrique de l’Ouest. Ces drames avaient suscité des critiques sur les mécanismes de contrôle de qualité dans l’industrie pharmaceutique indienne.

Malgré les assurances répétées de New Delhi quant au renforcement de ses normes sanitaires, cette nouvelle affaire entame à nouveau la crédibilité du secteur pharmaceutique indien, souvent présenté comme la « pharmacie du monde ».

Une enquête fédérale en cours

Le ministère de la Santé a promis des sanctions exemplaires contre les responsables et a dépêché des inspecteurs sur le terrain pour analyser d’autres lots du médicament. Les familles des victimes, quant à elles, réclament justice et des compensations, dénonçant une négligence coupable.

« Comment un produit destiné à soigner nos enfants peut-il devenir une arme mortelle ? », s’indigne un père de famille de Bhopal, dont le fils de trois ans fait partie des victimes.

Alors que la colère monte dans plusieurs États, le gouvernement central tente d’éviter une crise de confiance généralisée. Mais pour de nombreux Indiens, le mal est déjà fait : la sécurité des médicaments produits dans le pays est désormais mise en doute.

Seune Cheikh FAYE

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