Iran : Khamenei raille Donald Trump après les bombardements américano-israéliens
Le ton est monté, une nouvelle fois, entre Téhéran et Washington. Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a réagi avec virulence ce lundi 20 octobre aux déclarations du président américain Donald Trump, qui a affirmé que les frappes menées conjointement par les États-Unis et Israël en juin avaient « totalement détruit » les sites nucléaires iraniens.
« Continue à rêver ! »
S’exprimant lors d’une rencontre à Téhéran avec des sportifs, le plus haut dirigeant iranien a tourné en dérision les propos du président américain :
« C’est bien, continue à rêver ! », a lancé Ali Khamenei, cité par l’AFP.
Il a accusé Donald Trump d’« arrogance impérialiste » et remis en cause la légitimité des États-Unis à dicter leurs conditions en matière de politique nucléaire.
« Qui es-tu pour dire qu’un pays doit ou ne peut pas avoir le droit au nucléaire ? », a-t-il ajouté, suscitant les applaudissements de l’assistance.
Des tensions toujours vives autour du programme nucléaire iranien
Ces échanges verbaux interviennent dans un contexte d’extrême tension au Moyen-Orient. En juin dernier, une série de bombardements américains et israéliens avaient visé plusieurs infrastructures iraniennes présentées comme liées à des activités nucléaires sensibles. Washington avait ensuite affirmé avoir « significativement affaibli » la capacité de Téhéran à enrichir de l’uranium.
L’Iran, de son côté, a toujours nié vouloir se doter de l’arme atomique, affirmant que son programme nucléaire poursuit des objectifs purement civils et scientifiques. Les autorités iraniennes ont également indiqué que plusieurs sites bombardés avaient été rapidement remis en état de fonctionnement, preuve, selon elles, de la « résilience » du pays face aux attaques extérieures.
Une guerre des mots qui ravive la rivalité historique
Les déclarations de Khamenei s’inscrivent dans la rhétorique anti-américaine traditionnelle du régime iranien, mais elles traduisent aussi une volonté de montrer la fermeté de Téhéran face à la pression militaire et diplomatique de Washington.
Depuis le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA) en 2018, les relations entre les deux pays n’ont cessé de se détériorer. L’administration Trump, soutenue par Israël, continue de présenter la République islamique comme une menace majeure pour la stabilité régionale.
Téhéran promet de poursuivre ses activités
En conclusion de son discours, le guide suprême a assuré que l’Iran poursuivrait son programme nucléaire « sans crainte ni concession », malgré les sanctions et les menaces.
« Nous avons résisté aux guerres, aux pressions et aux sanctions. Nous résisterons encore », a-t-il martelé.
Cette nouvelle passe d’armes illustre l’impasse diplomatique dans laquelle s’enlisent les relations irano-américaines. Entre attaques ciblées, sanctions économiques et escalade verbale, le dialogue semble plus que jamais rompu.
