Israël : Netanyahu rejette fermement la reconnaissance d’un État palestinien et promet l’extension des colonies
Jérusalem – Face à la vague croissante de reconnaissances diplomatiques d’un État palestinien par plusieurs pays occidentaux, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a réagi dimanche 21 septembre avec fermeté, affirmant qu’« aucun État palestinien ne verra le jour à l’ouest du Jourdain ».
Dans une vidéo diffusée par son bureau, Netanyahu a adressé un message clair aux dirigeants du Royaume-Uni, du Canada et de l’Australie, qui ont officialisé la veille leur reconnaissance de l’État palestinien :
« Vous offrez une récompense énorme au terrorisme », a-t-il déclaré, faisant référence aux attaques du 7 octobre.
Une ligne dure confirmée
Le Premier ministre israélien a en outre annoncé que son gouvernement allait poursuivre et intensifier la colonisation en Cisjordanie occupée, qu’Israël désigne sous le nom biblique de Judée-Samarie.
« Depuis des années, j’ai empêché la création de cet État terroriste malgré d’énormes pressions, tant à l’intérieur qu’à l’international. Nous avons doublé les implantations juives et nous continuerons sur cette voie », a martelé Netanyahu.
Vives réactions politiques en Israël
Cette déclaration s’inscrit dans une ligne dure déjà portée par ses alliés de la coalition d’extrême droite. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a appelé à une annexion immédiate de la Cisjordanie, tandis que le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a jugé sur X que « la seule réponse à cette démarche anti-israélienne est l’abandon définitif de l’idée d’un État palestinien ».
Le ministère israélien des Affaires étrangères a également rejeté les décisions de Londres, Ottawa et Canberra, dénonçant une « déclaration unilatérale » qui, selon lui, « déstabilise davantage la région ».
Un clivage diplomatique grandissant
Ces prises de position contrastent avec l’accueil positif de l’Autorité palestinienne et du Hamas, qui y voient une « victoire pour les droits du peuple palestinien ». Le président Mahmoud Abbas a salué un pas vers une paix « durable », tandis que le chef de la mission palestinienne au Royaume-Uni, Husam Zomlot, a parlé d’une « annonce historique ».
De son côté, l’ancien président américain Donald Trump, en visite à Londres, a soutenu la position israélienne et exprimé son opposition à la reconnaissance britannique.
Une fracture internationale
Alors qu’une dizaine de pays, dont la France et l’Arabie saoudite, doivent à leur tour confirmer leur reconnaissance lors d’un sommet international, Israël campe sur une position intransigeante : aucune concession territoriale et une colonisation accélérée.
La fracture diplomatique autour de la question palestinienne s’élargit, renforçant un clivage entre une partie croissante de la communauté internationale et le gouvernement Netanyahu, qui mise sur la fermeté et la colonisation face aux appels à la solution à deux États.
