La Cour pénale internationale refuse la libération de l’ancien président philippin Rodrigo Duterte

La Cour pénale internationale refuse la libération de l’ancien président philippin Rodrigo Duterte

La Cour pénale internationale (CPI) a rejeté, vendredi 10 octobre, la demande de libération pour raisons médicales de l’ancien président philippin Rodrigo Duterte, actuellement détenu à La Haye. Dans une décision rendue publique, la juridiction internationale a estimé que « la détention de M. Duterte demeure nécessaire », selon les informations rapportées par l’AFP.

La CPI maintient la détention de l’ex-dirigeant philippin

Rodrigo Duterte, 80 ans, avait déposé une requête demandant sa libération provisoire en invoquant un état de santé « préoccupant » et la nécessité de recevoir des soins spécialisés. Mais les juges de la Cour ont considéré que les arguments avancés ne justifiaient pas un aménagement de sa détention.

« La Chambre a pris en compte les informations médicales soumises par la défense, mais estime que les besoins de M. Duterte peuvent être pris en charge dans le cadre des dispositifs existants au centre de détention », a indiqué la CPI dans sa décision.

Des accusations lourdes

L’ancien président philippin est poursuivi pour crimes contre l’humanité dans le cadre de la violente « guerre contre la drogue » menée sous son mandat, entre 2016 et 2022. Cette politique sécuritaire controversée, caractérisée par des milliers d’exécutions extrajudiciaires présumées, avait suscité de vives critiques de la communauté internationale et conduit la CPI à ouvrir une enquête en 2021.

Les procureurs de la Cour accusent Rodrigo Duterte d’avoir « encouragé, soutenu et protégé » des opérations policières ayant entraîné la mort de civils, en dehors de tout cadre légal. Depuis son arrestation, il nie catégoriquement toute responsabilité, affirmant avoir agi « dans le cadre de la loi » pour « protéger le peuple philippin contre la criminalité ».

Une décision aux implications politiques

Le refus de la CPI intervient dans un climat politique tendu aux Philippines, où les partisans de Duterte dénoncent une « persécution politique » orchestrée par ses adversaires. Le gouvernement philippin actuel, tout en prenant ses distances avec la CPI, a néanmoins déclaré « suivre le processus judiciaire avec attention ».

Cette décision renforce la position de la Cour pénale internationale, souvent critiquée pour sa lenteur et sa supposée partialité, en réaffirmant son autorité face aux anciens chefs d’État accusés de graves violations des droits humains.

Un procès très attendu

Le procès de Rodrigo Duterte, dont la date n’a pas encore été fixée, s’annonce comme l’un des plus marquants de ces dernières années pour la CPI. Il pourrait devenir un précédent majeur dans la lutte contre l’impunité des dirigeants accusés de crimes d’État.

En refusant la libération de l’ancien président philippin, la Cour pénale internationale envoie un signal clair : les considérations humanitaires ne sauraient primer sur la gravité des crimes reprochés lorsqu’il s’agit de rendre justice aux victimes.

Seune Cheikh FAYE

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