Les heurts à la frontière Afghanistan-Pakistan ont tué 40 civils afghans, le 15 octobre

Les heurts à la frontière Afghanistan-Pakistan ont tué 40 civils afghans, le 15 octobre

Les affrontements à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan ont tourné au drame, mercredi 15 octobre, faisant au moins 40 morts civils et 170 blessés côté afghan, selon un bilan communiqué jeudi à l’AFP par les autorités sanitaires locales. Ces violences, survenues à Spin Boldak, dans le sud de l’Afghanistan, précèdent de peu l’entrée en vigueur d’une trêve négociée dans la nuit.

Une journée de violence intense à Spin Boldak

Selon Karimullah Zubair Agha, directeur provincial de la Santé publique, les victimes sont toutes des civils, principalement des habitants de la région frontalière et des commerçants du poste douanier. Les tirs nourris auraient éclaté dans la matinée du 15 octobre, opposant les forces pakistanaises à des combattants talibans stationnés du côté afghan de la frontière.

Des témoins rapportent que plusieurs obus d’artillerie ont frappé des habitations et des zones commerciales, provoquant des scènes de panique. Les hôpitaux de Kandahar et de Spin Boldak ont été submergés par l’afflux de blessés, dont de nombreux femmes et enfants.

Une trêve fragile après plusieurs heures d’échanges de tirs

Après des heures de combats, une trêve fragile a été conclue tard dans la nuit entre les deux parties, sous médiation de responsables locaux et tribaux. Le calme est revenu ce jeudi matin, mais la tension reste extrêmement vive de part et d’autre de la ligne frontalière.

Cette zone, traversée par le poste-frontière de Chaman–Spin Boldak, constitue l’un des principaux points de passage entre les deux pays et a souvent été le théâtre de frictions armées depuis la prise de pouvoir des talibans en août 2021.

Des tensions persistantes entre Kaboul et Islamabad

Ces nouveaux affrontements interviennent dans un contexte diplomatique tendu entre Kaboul et Islamabad. Le Pakistan accuse régulièrement les talibans de laisser opérer sur leur sol des combattants du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), groupe islamiste responsable de plusieurs attaques meurtrières sur son territoire.

De leur côté, les autorités afghanes dénoncent les tirs transfrontaliers et les expulsions massives de réfugiés afghans menées par Islamabad depuis plusieurs mois.

Une population frontalière prise au piège

Les habitants de la région, habitués à vivre au rythme des échanges commerciaux entre les deux pays, se retrouvent pris en étau entre deux forces armées.
« Nous n’avons rien à voir avec leurs querelles. Nos enfants meurent à cause de ces bombardements », a témoigné un habitant de Spin Boldak joint par téléphone.

Les ONG humanitaires appellent à un accès sécurisé pour évacuer les blessés et fournir une assistance d’urgence.

Malgré la trêve annoncée, la frontière afghano-pakistanaise demeure une poudrière, où chaque incident risque de raviver des hostilités dont les civils paient, encore une fois, le plus lourd tribut.

Seune Cheikh FAYE

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