Mali : Douze militaires radiés après une tentative de déstabilisation du régime

Mali : Douze militaires radiés après une tentative de déstabilisation du régime

Le président de la transition malienne, Assimi Goïta, a signé, lundi 7 octobre 2025, une série de décrets radiants douze militaires des Forces armées maliennes (FAMa). Parmi eux figure une personnalité emblématique : le Général de brigade Néma Sagara, première femme à avoir atteint ce grade dans l’Armée de l’Air.

Cette décision intervient dans un contexte de tension au sein de l’appareil sécuritaire, deux mois après la mise en échec d’un projet de complot impliquant des membres des forces armées, de la police et des civils. Selon les autorités de Bamako, ce plan visait à « déstabiliser les institutions de la transition », avec un soutien étranger présumé.

Les militaires radiés, issus de différents corps, sont accusés d’avoir manqué à leurs obligations de loyauté et d’avoir entretenu des contacts jugés subversifs. Dans un communiqué laconique, le ministère de la Défense a indiqué que ces mesures relèvent du « devoir de sauvegarde de la discipline et de la cohésion des forces », sans fournir davantage de détails sur l’enquête en cours.

La radiation du Général Néma Sagara, en particulier, suscite de vives réactions au Mali. Figure respectée et pionnière dans un milieu longtemps dominé par les hommes, elle incarnait une image d’ouverture et de modernisation au sein de l’armée. Des proches estiment qu’elle est victime de « purges politiques », alors que le pouvoir de transition resserre son contrôle sur les forces de défense et de sécurité.

Depuis plusieurs mois, le régime d’Assimi Goïta, confronté à une insécurité persistante dans le nord et le centre du pays, ainsi qu’à des tensions diplomatiques avec les partenaires occidentaux, renforce sa mainmise sur l’armée. Cette série de radiations apparaît ainsi comme une nouvelle démonstration d’autorité du chef de l’État, décidé à prévenir toute contestation interne.

Dans les rues de Bamako, les réactions oscillent entre inquiétude et résignation. Si certains saluent « une mesure nécessaire pour éviter la division », d’autres redoutent un climat de suspicion grandissant au sein de l’institution militaire, à un moment où le Mali fait face à des défis sécuritaires sans précédent.

Seune Cheikh FAYE

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