Mondiaux de cyclisme : Kigali, l’épreuve de vérité au cœur des mille collines
À Kigali, ce dimanche 28 septembre, le peloton mondial s’apprête à affronter un défi inédit : chaleur, humidité, altitude et dénivelés hors norme. Le parcours des Championnats du monde de cyclisme sur route 2025 est déjà qualifié par beaucoup comme l’un des plus exigeants de l’histoire récente.
Jamais l’Afrique n’avait accueilli l’événement. Pour cette grande première, le Rwanda a misé sur un tracé à la hauteur de sa réputation de « pays des mille collines ». Au programme : 270 kilomètres ponctués de 5 475 mètres de dénivelé, un passage au sommet du Mont Kigali (1 771 m), et le terrible mur de Kigali, 400 mètres à 11 % de moyenne, avec des pointes à 19 %.
« Il n’y a pas vraiment de partie plate. Ça monte et ça descend en permanence », résume le Roumain Mattew Denis-Piciu, ancien participant des Mondiaux de Zurich. Une physionomie de course qui devrait rendre l’épreuve explosive dès les premiers kilomètres.
Une atmosphère électrique
Dans les rues de Kigali, les habitants vivent déjà au rythme des Mondiaux. Les enfants, en vacances pour l’occasion, arpentent le circuit, applaudissant les champions venus de plus de cent pays. « Ça va être stupéfiant », lâche un chauffeur de taxi, observant les coureurs s’entraîner sur les pentes du Mont Kigali.
L’ambiance populaire s’est particulièrement cristallisée autour du fameux mur de Kigali, décor naturel du Tour du Rwanda. Ces derniers jours, Remco Evenepoel, Tadej Pogacar, Isaac Del Toro ou encore Tom Pidcock s’y sont frottés sous les encouragements d’une foule compacte, entre motos-taxis et ouvriers s’activant à rénover la montée pour l’occasion.
Le poids de l’altitude
Si certains s’adaptent bien, comme la Slovaque Viktoria Chladonova, médaillée d’argent chez les moins de 23 ans, d’autres avouent leurs difficultés. « L’altitude, c’était le plus dur à gérer », confie l’Espagnole Paula Blasi, troisième de la même course. La Française Célia Géry, titrée dans la catégorie espoirs, prévient : « Chaque cartouche compte. Il faudra être intelligent dans sa gestion de course. »
Pogacar en favori, mais pas intouchable
Dans un tel contexte, le Slovène Tadej Pogacar est le grand favori pour endosser le maillot arc-en-ciel. Mais la rudesse du tracé, combinée à la chaleur et à l’humidité, pourrait rebattre les cartes. Julian Alaphilippe, double champion du monde, s’attend à une véritable hécatombe : « Je ne vois pas beaucoup de coureurs à l’arrivée. Il va falloir de l’endurance pour aller au bout de ces 270 kilomètres. »
Quand le vélo dépasse le sport
À Kigali, la bicyclette n’est pas qu’un instrument de performance : elle fait partie du quotidien, utilisée pour transporter marchandises et passagers. En accueillant ces Mondiaux, le Rwanda rappelle que le cyclisme peut être à la fois sport de masse, outil de mobilité et spectacle planétaire.
Ce dimanche, les regards du monde du vélo se tourneront vers Kigali, où il ne suffira pas seulement d’avoir les jambes, mais aussi le souffle et la tête pour espérer franchir, en vainqueur, le mur des mille collines.
