La télévision publique chinoise maintient la suspension de la diffusion du championnat espagnol et des publicités mettant en scène Kylian Mbappé, malgré les excuses du joueur français. Trois marques chinoises ont également rompu leurs partenariats avec l’attaquant du Real Madrid.

Une plaisanterie sur Mao Zedong a pris une tournure diplomatique et commerciale pour Kylian Mbappé en Chine. Malgré les excuses présentées mardi par l’attaquant français du Real Madrid, la diffusion des matchs de la Liga reste suspendue dans le pays, tout comme les publicités dans lesquelles il apparaît.

Mercredi, le ministère chinois des Affaires étrangères a indiqué que Pékin prenait au sérieux les excuses du joueur. Cette réaction n’a toutefois pas modifié la position du groupe audiovisuel public China Media Group (CMG), qui comprend notamment la chaîne CCTV. Selon l’agence de presse espagnole EFE, le groupe a confirmé la suspension des retransmissions du championnat espagnol et des contenus publicitaires associés à Mbappé.

Le Real Madrid sommé de s’expliquer

CMG a également rejeté les explications du Real Madrid. Le club avait affirmé que son joueur n’avait jamais eu l’intention d’offenser qui que ce soit et qu’il était libre d’exprimer ses opinions personnelles.

Le groupe audiovisuel estime, au contraire, que les propos du Français dépassent les limites de la liberté d’expression et que le club porte une lourde responsabilité. Il conditionne la reprise des discussions à la présentation d’excuses qu’il jugera satisfaisantes.

Les conséquences dépassent le terrain médiatique. Trois entreprises chinoises, Dongpeng, Mengniu et Milkground, ont annoncé mardi la fin immédiate de leurs collaborations avec le capitaine de l’équipe de France. Elles invoquent une politique de « tolérance zéro » à l’égard des déclarations portant atteinte aux sentiments nationaux.

Mao Zedong, un sujet particulièrement sensible

À l’origine de la polémique, une vidéo tournée en avril et diffusée lundi sur les réseaux sociaux de l’émission The Bridge. Interrogé sur les mèmes qui circulent à son sujet, Mbappé a évoqué un montage associant son visage à celui d’un homme qu’il pensait être un dictateur chinois.

La référence a suscité de vives réactions en Chine, où Mao Zedong conserve une place centrale dans le récit historique officiel. Fondateur de la République populaire de Chine en 1949, il demeure une figure majeure de l’histoire politique du pays, malgré les controverses liées à son règne.

Pour Jean-François Di Meglio, président du conseil d’orientation d’Asia Centre, la sensibilité de l’affaire tient aussi à la portée politique de cette référence. Interrogé par RMC Sport, il estime que toute ironie visant Mao peut être perçue indirectement comme une critique du Parti communiste chinois et de son dirigeant actuel, Xi Jinping.

L’affaire illustre ainsi les risques auxquels s’exposent les personnalités internationales sur des marchés où les symboles politiques et le sentiment national pèsent lourd dans les relations commerciales. Pour Mbappé, les excuses n’ont, à ce stade, pas suffi à mettre fin aux sanctions médiatiques et économiques.