Mort de Takieddine : le témoin explosif de l’affaire Sarkozy emporte ses secrets
Beyrouth s’est réveillée ce mardi 23 septembre avec une nouvelle qui résonne bien au-delà du Liban. Ziad Takieddine, l’homme d’affaires franco-libanais au cœur de l’une des plus grandes affaires politico-financières françaises, est mort à l’âge de 75 ans. Son décès, confirmé par son avocate Me Élise Arfi à l’AFP, survient à un moment crucial : à deux jours seulement du jugement attendu dans l’affaire des financements libyens présumés de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.
Figure sulfureuse, Takieddine fut tour à tour accusé, témoin et accusateur. Il a alimenté pendant plus d’une décennie les soupçons d’un financement occulte venu de Tripoli, mettant directement en cause l’ancien président français. Nicolas Sarkozy, de son côté, a toujours nié en bloc, dénonçant une « machination ».
La trajectoire de Takieddine ressemblait à un roman d’espionnage : un intermédiaire entre Paris et les régimes du Maghreb et du Moyen-Orient, une fortune bâtie sur les réseaux et les deals secrets, des déclarations tonitruantes puis parfois rétractées. À plusieurs reprises, il a modifié ses versions, entre accusations explosives et silences soudains, renforçant autant la confusion que le mystère autour de l’affaire libyenne.
Au moment de sa mort, Takieddine était sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la justice française. Sa disparition vient bouleverser le déroulement d’un dossier déjà tentaculaire, dont le verdict attendu jeudi pourrait marquer une page décisive de l’histoire politico-judiciaire française.
La question demeure : avec la disparition de ce témoin-clé, une partie de la vérité sur les soupçons de millions venus des coffres de Kadhafi disparaît-elle à jamais ?
