Nucléaire iranien : l’ONU rétablit ses sanctions, Téhéran dénonce une décision « illégale »

Nucléaire iranien : l’ONU rétablit ses sanctions, Téhéran dénonce une décision « illégale »

Le couperet est tombé à minuit, ce dimanche 29 septembre. Faute de progrès dans les négociations sur le nucléaire iranien, l’Organisation des Nations unies a rétabli ses sanctions contre Téhéran. Une décision lourde de conséquences, qui ravive les tensions entre l’Iran et les puissances occidentales, et qui place l’ONU au cœur d’un bras de fer diplomatique majeur.

Le mécanisme du « snapback » activé

À l’origine de ce retour en arrière, la décision de la France, du Royaume-Uni et de l’Allemagne d’activer, fin août, le mécanisme dit du « snapback ». Ce dispositif permet de rétablir automatiquement les sanctions onusiennes levées en 2015 lors de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien. Après 30 jours et l’échec des initiatives russes et chinoises pour repousser l’échéance, les sanctions sont redevenues effectives ce dimanche.

Elles comprennent notamment un embargo sur les armes conventionnelles, l’interdiction d’exporter ou d’importer tout matériel lié aux programmes nucléaire et balistique, ainsi que le gel d’avoirs d’entités et de personnalités impliquées.

La riposte de Téhéran

Du côté iranien, la réaction est immédiate et virulente. Le ministère des Affaires étrangères dénonce une décision « juridiquement infondée et injustifiable » et appelle les États membres à « s’abstenir de reconnaître cette situation illégale ». Le président Massoud Pezeshkian a accusé Washington d’avoir exigé qu’il « cède tout son uranium enrichi » en échange d’un simple sursis de trois mois aux sanctions, jugeant cette demande « inacceptable ».

Téhéran promet désormais une « réponse ferme et appropriée » et compte sur le soutien de la Russie et de la Chine pour contrer l’application des mesures onusiennes.

Une économie sous pression

La réactivation des sanctions intervient dans un contexte économique déjà précaire. En quelques heures, la monnaie iranienne a plongé à son plus bas historique face au dollar, accentuant une inflation qui dépasse déjà les 50 %. Pour de nombreux observateurs, le pays s’expose à une aggravation de sa crise économique et sociale.

Diplomatie bloquée

À New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, les tractations se sont multipliées toute la semaine, sans succès. Les Européens réclamaient trois gestes concrets : une reprise des négociations avec Washington, un accès total aux inspecteurs de l’AIEA sur les sites sensibles, et un processus de sécurisation des stocks d’uranium enrichi.

La Russie et la Chine avaient plaidé pour un report de six mois afin de sauver l’accord de 2015, mais le Conseil de sécurité a rejeté leur proposition. Sergueï Lavrov a accusé les Occidentaux de « saboter » la diplomatie et a adressé une lettre au secrétaire général de l’ONU, affirmant que la décision était « inapplicable ».

Les réactions internationales

Du côté occidental, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni se félicitent d’un retour des sanctions « nécessaire pour garantir que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire ». Les États-Unis appellent, par la voix du secrétaire d’État Marco Rubio, à « des pourparlers directs et de bonne foi ».

Israël, enfin, a salué ce qu’il décrit comme « un développement majeur » face à « l’ennemi régional » iranien. « Le monde doit utiliser tous les outils pour empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire », a martelé son ministère des Affaires étrangères.

L’ONU, arbitre fragile

En réactivant ces sanctions, l’ONU reprend un rôle central dans la gestion du dossier nucléaire iranien. Mais la fracture est nette entre Occidentaux, d’un côté, et Russie et Chine, de l’autre, laissant présager de nouvelles tensions au Conseil de sécurité.

Au-delà de la bataille diplomatique, ce sont les équilibres régionaux et la stabilité économique de l’Iran qui se retrouvent plus que jamais fragilisés.

Seune Cheikh FAYE

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