Serbie : les sanctions américaines frappent de plein fouet la compagnie pétrolière NIS
Belgrade, 9 octobre 2025 — Les sanctions américaines visant la compagnie pétrolière serbe NIS, majoritairement contrôlée par le géant russe Gazprom, sont officiellement entrées en vigueur ce jeudi, après neuf mois de reports successifs. Cette mesure marque un tournant pour l’économie serbe, fortement dépendante de cette entreprise qui assure près de 80 % de l’approvisionnement en carburant du pays.
Dans un communiqué, la société NIS a indiqué avoir constitué des « réserves suffisantes » pour faire face à d’éventuelles perturbations de son activité. « Les achats en station-service pourront continuer avec la carte nationale Dina et en espèces, si les cartes étrangères MasterCard et Visa ne fonctionnent plus », a précisé l’entreprise, anticipant d’éventuelles restrictions liées au système financier international.
Les sanctions imposées par Washington s’inscrivent dans le cadre des mesures visant à affaiblir le secteur énergétique russe depuis l’invasion de l’Ukraine. Or, la NIS, détenue à plus de 45 % par Gazprom Neft, filiale du groupe Gazprom, se retrouve directement dans la ligne de mire américaine.
Jusqu’à présent, Belgrade avait réussi à obtenir plusieurs reports, arguant de la nécessité de préserver la stabilité énergétique du pays. Mais les États-Unis ont fini par trancher, estimant que les délais accordés avaient permis à la Serbie de préparer sa transition.
Pour le gouvernement serbe, cette entrée en vigueur représente un défi de taille. Le Premier ministre Ana Brnabić a assuré que le pays « prendra toutes les mesures nécessaires pour garantir un approvisionnement continu », tout en réaffirmant « la souveraineté énergétique » de la Serbie.
Dans les stations-service de Belgrade et de Novi Sad, les automobilistes expriment déjà leurs inquiétudes face à la possibilité d’une hausse des prix ou de ruptures ponctuelles de stock. Certains craignent également que les sanctions ne compliquent davantage les relations entre la Serbie et l’Union européenne, déjà tendues sur la question du rapprochement avec Moscou.
Alors que la NIS tente de rassurer la population et ses partenaires, cette nouvelle étape illustre la position délicate de la Serbie, tiraillée entre sa dépendance économique envers la Russie et la pression croissante de ses partenaires occidentaux.
