Soudan : Au moins 31 civils exécutés par les paramilitaires des FSR à Omdurman

Soudan : Au moins 31 civils exécutés par les paramilitaires des FSR à Omdurman

Une nouvelle exaction vient assombrir davantage le conflit meurtrier qui ravage le Soudan depuis plus d’un an. Au moins 31 civils, dont plusieurs enfants, ont été sommairement exécutés par les Forces de soutien rapide (FSR) dans la ville d’Omdurman, jumelle de Khartoum, ont rapporté dimanche des médecins soudanais.

L’information a été confirmée par le Comité des médecins soudanais, une organisation indépendante qui documente les violations commises contre les civils depuis le début des hostilités. L’attaque, qualifiée de « massacre délibéré », s’est produite dans un quartier résidentiel pris entre les lignes de front.

« Des enfants figurent parmi les victimes. Il s’agit d’un crime d’une brutalité inouïe », a dénoncé l’association dans un communiqué, appelant la communauté internationale à réagir d’urgence face à l’escalade des violences contre les populations civiles.

Depuis le déclenchement du conflit armé, le 15 avril 2023, entre les FSR du général Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti », et l’armée régulière dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan, le pays s’enfonce dans le chaos. D’après les Nations unies, plus de 20 000 personnes ont été tuées et environ 15 millions d’autres contraintes à fuir leur domicile, provoquant une des plus graves crises humanitaires contemporaines.

Mais des estimations plus alarmantes, issues de recherches menées par des chercheurs américains, avancent un bilan bien plus lourd : jusqu’à 130 000 morts, un chiffre que l’ONU n’a pas confirmé mais qui reflète l’ampleur potentielle du désastre.

Dans les zones contrôlées par les FSR, les témoignages d’exactions se multiplient : exécutions sommaires, violences sexuelles, pillages, et usage indiscriminé de la force contre les civils. Malgré les multiples appels à un cessez-le-feu et à l’ouverture de couloirs humanitaires, les combats continuent sans répit, exacerbant la détresse d’une population déjà épuisée.

L’Union africaine, l’ONU et plusieurs gouvernements occidentaux ont condamné les violences mais peinent à faire pression efficacement sur les belligérants. Sur le terrain, les ONG font face à d’immenses difficultés pour acheminer l’aide, dans un pays où l’accès humanitaire est devenu presque impossible dans certaines régions.

Babacar DIOP

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