« Soudan : massacre au camp d’Abu Chok, 75 morts dans une attaque de drone »
Une attaque de drone attribuée aux Forces de soutien rapide (FSR) a fait au moins 75 morts vendredi dans le camp de déplacés d’Abu Chok, près d’El-Facher, au Darfour-Nord, selon la Cellule d’urgence locale du camp.
Le drone explosif aurait frappé une mosquée du camp, où des dizaines de déplacés s’étaient rassemblés pour la prière. « Les corps ont été retirés des décombres de la mosquée », a précisé le groupe d’aide, évoquant une scène de désolation parmi les survivants.
Cette attaque survient alors que les paramilitaires des FSR poursuivent leur offensive sur El-Facher, capitale du Darfour-Nord. La ville constitue le dernier grand bastion de l’armée régulière dans la région, plus de deux ans après le début de la guerre qui oppose les deux camps.
Une escalade meurtrière
Le conflit, déclenché en avril 2023 entre l’armée soudanaise et les FSR, a déjà provoqué des milliers de morts et des millions de déplacés. Le Darfour, région déjà marquée par deux décennies de violences, est devenu l’un des principaux foyers de combats.
Les ONG et agences humanitaires s’inquiètent d’une aggravation de la situation. « Les civils paient un prix insoutenable. Les camps de déplacés, censés être des lieux de refuge, se transforment en cibles », a dénoncé un humanitaire joint par téléphone depuis El-Facher.
Pressions internationales
Cette attaque pourrait accentuer les pressions sur la communauté internationale pour agir face à la spirale de violences au Soudan. L’ONU et plusieurs ONG alertent depuis des mois sur le risque de famine généralisée et de crimes de guerre, faute de corridors humanitaires sécurisés.
Pour l’heure, ni les Forces de soutien rapide ni l’armée soudanaise n’ont commenté l’attaque d’Abu Chok. Mais sur le terrain, les habitants redoutent une nouvelle intensification des combats autour d’El-Facher, devenue un enjeu stratégique majeur pour les deux camps.
