Darfour : la CPI condamne le chef de milice soudanais Ali Kosheib pour crimes contre l’humanité

Darfour : la CPI condamne le chef de milice soudanais Ali Kosheib pour crimes contre l’humanité

Deux décennies après les atrocités commises au Darfour, la justice internationale vient de franchir une étape historique. Ce lundi 6 octobre 2025, la Cour pénale internationale (CPI) a reconnu coupable Ali Mohamed Ali Abd-Al-Rahman, plus connu sous le nom d’Ali Kosheib, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis entre 2003 et 2004 dans l’ouest du Soudan.

Ancien chef de milice Janjawid, alliée au régime de l’ex-président Omar el-Béchir, Ali Kosheib était accusé d’avoir dirigé ou participé à des attaques systématiques contre des civils issus principalement des ethnies Fur, Masalit et Zaghawa. Selon les juges, il a personnellement orchestré des meurtres, viols, actes de torture et persécutions, dans le cadre d’une campagne visant à écraser la rébellion au Darfour.

« Les preuves présentées démontrent sans équivoque la responsabilité directe d’Ali Kosheib dans des crimes d’une cruauté extrême », a déclaré la juge Joanna Korner, présidente du tribunal, lors de la lecture du verdict. La sentence sera prononcée ultérieurement, mais la condamnation marque déjà un moment majeur pour la justice internationale.

Le conflit du Darfour, qui a éclaté en 2003, a fait selon les Nations unies environ 300 000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés. Longtemps protégé par le régime de Khartoum, Ali Kosheib s’était rendu volontairement à la CPI en 2020, après la chute de Béchir. Son procès, ouvert en 2022 à La Haye, avait donné la parole à plus de 130 témoins, dont de nombreux survivants.

Pour les victimes, cette condamnation est perçue comme une victoire symbolique et morale. « C’est une première reconnaissance du calvaire que nous avons enduré », a déclaré un représentant d’associations de déplacés du Darfour.

Cette décision pourrait aussi relancer les efforts internationaux pour juger d’autres responsables présumés des crimes commis durant le conflit, notamment l’ancien président Omar el-Béchir, toujours visé par un mandat d’arrêt international pour génocide.

Vingt ans après les massacres, la condamnation d’Ali Kosheib rappelle que, même tardivement, la justice internationale peut rattraper les bourreaux du Darfour.

Seune Cheikh FAYE

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