Abdoulaye Seydou Sow : au nom de l’appel de la patrie
Si l’ancien ministre Abdoulaye Seydou Sow venait à rejoindre Kiiray (le parti du président Bassirou Diomaye Faye), il ne faudrait pas nécessairement y voir une contradiction, encore moins une trahison. En politique comme dans la vie publique, il arrive qu’un homme soit confronté à un choix qui dépasse les fidélités personnelles, les appartenances partisanes et les alliances d’hier. Ce choix est celui de l’intérêt supérieur de la nation.
Les attaques dont est l’objet le ministre sont, à mon avis, sans objet. Abdoulaye Seydou Sow n’a jamais renié ; il a toujours assumé sa fidélité à Macky Sall. Cette fidélité mérite d’être replacée dans son contexte et respectée comme un engagement politique. Mais elle ne saurait, à elle seule, définir son rapport à la patrie ni hypothéquer ses choix pour l’avenir.
Être fidèle à un homme ou à une famille politique n’est pas la même chose qu’être fidèle à son pays. La loyauté envers Macky Sall appartient à une séquence politique donnée ; le devoir envers le Sénégal, lui, est permanent. C’est précisément cette distinction qu’il faut garder à l’esprit si Abdoulaye Seydou Sow décidait de répondre favorablement à l’appel de Kiiray.
Un éventuel ralliement ne devrait donc pas être jugé uniquement à travers le prisme des alliances passées. Il pourrait aussi être compris comme la volonté d’un responsable politique de mettre son expérience, ses convictions et son énergie au service d’une nouvelle dynamique, s’il estime que celle-ci correspond davantage aux intérêts du pays.
La politique ne doit pas être une affaire de rancœurs éternelles ni de fidélités aveugles. Elle doit rester, avant tout, une capacité à écouter les aspirations du peuple et à répondre, lorsque les circonstances l’exigent, à l’appel de la patrie.
A ceux qui reprocheraient à Abdoulaye Seydou Sow son passé aux côtés de Macky Sall, il faudrait donc rappeler l’évidence qui suit : on peut avoir été fidèle à un président sans cesser d’être un fils de la nation ; on peut avoir servi un régime hier et considérer, aujourd’hui, qu’un autre chemin mérite d’être emprunté.
Si son choix en faveur de Kiiray est dicté par la conviction qu’il peut être utile au Sénégal, alors il mérite d’être apprécié à l’aune de cette nouvelle responsabilité, et non enfermé dans ses fidélités d’hier. Car, au-dessus des hommes, des partis et des chapelles, il y a une fidélité qui doit toujours demeurer : celle due à la patrie.
