Burkina Faso : arrestation de huit membres d’une ONG accusés d’« espionnage » et de « trahison »

Burkina Faso : arrestation de huit membres d’une ONG accusés d’« espionnage » et de « trahison »

Le gouvernement burkinabè a annoncé, ce lundi 7 octobre, l’arrestation de huit membres d’une organisation non gouvernementale (ONG), dont quatre étrangers, soupçonnés d’« espionnage » et de « trahison ». Parmi les personnes interpellées figure le directeur de l’INSO (International NGO Safety Organisation), une structure réputée pour son travail de suivi sécuritaire des zones à risque en Afrique de l’Ouest.

Selon le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, les individus arrêtés sont accusés d’avoir collecté des informations sensibles sur les zones d’opération des Forces de Défense et de Sécurité (FDS), ainsi que des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP), les milices civiles engagées dans la lutte contre le terrorisme. Ces informations, a-t-il précisé, concernaient notamment les positions des unités, les plans de sécurisation des convois de ravitaillement et les interventions militaires sur le terrain.

Le ministre affirme que ces données stratégiques auraient été transmises à des puissances étrangères, avec la complicité de ressortissants burkinabè. « Ces actes portent gravement atteinte à la sécurité nationale et aux intérêts du Burkina Faso », a déclaré Mahamadou Sana lors d’un point de presse.

Les personnes mises en cause comprennent trois Européens — un Français, une Française d’origine sénégalaise et un Tchèque — ainsi qu’un quatrième étranger dont la nationalité n’a pas été précisée. Les quatre autres interpellés sont des citoyens burkinabè soupçonnés d’avoir facilité la circulation d’informations confidentielles.

Les autorités précisent que tous les suspects seront présentés devant le procureur du Faso pour répondre des chefs d’« espionnage » et de « trahison ».

Cette affaire survient dans un contexte de forte tension diplomatique entre Ouagadougou et plusieurs pays occidentaux, notamment la France, accusés par les autorités burkinabè de s’ingérer dans les affaires internes du pays.

Depuis la prise du pouvoir par le capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022, le Burkina Faso a rompu plusieurs partenariats militaires et resserré ses liens avec la Russie, affirmant vouloir reprendre le contrôle total de sa souveraineté sécuritaire.

L’arrestation des membres de l’INSO marque un nouvel épisode dans la politique de fermeté du régime burkinabè face aux ONG étrangères, régulièrement accusées d’« activités subversives » ou de « collusion avec des puissances hostiles ».

L’enquête en cours devrait permettre, selon le gouvernement, de faire toute la lumière sur les réseaux d’espionnage présumés et de « préserver l’intégrité territoriale et la sécurité du peuple burkinabè ».

Seune Cheikh FAYE

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