Espagne : Scandale d’État ! La Guardia Civil accusée d’espionnage massif des indépendantistes

Espagne : Scandale d’État ! La Guardia Civil accusée d’espionnage massif des indépendantistes

C’est une affaire qui pourrait secouer les fondements de la démocratie espagnole. Pour la première fois, la justice ouvre une enquête visant d’anciens responsables de la Guardia Civil, accusés d’avoir orchestré un vaste programme d’espionnage contre des indépendantistes catalans à l’aide du logiciel israélien Pegasus.

La décision, rendue par une juge d’instruction de Barcelone, marque un tournant. Elle vise non seulement les ex-directeurs de la gendarmerie espagnole en poste entre 2018 et 2023, mais aussi l’ancienne patronne du CNI, le service national de renseignement, ainsi que plusieurs entreprises technologiques, dont NSO Group, créateur du logiciel controversé.

Une surveillance digne d’un thriller politique

Pegasus est un logiciel espion capable de pénétrer n’importe quel smartphone, d’en extraire messages, photos et conversations sans que l’utilisateur n’en ait conscience. En Espagne, il aurait été utilisé pour surveiller plusieurs dizaines de personnalités catalanes, parmi lesquelles des leaders indépendantistes, des avocats, des eurodéputés et des membres du gouvernement régional.

L’affaire remonte à 2022, lorsque le laboratoire Citizen Lab de l’université de Toronto avait révélé que les téléphones d’au moins 63 Catalans avaient été piratés. L’un des plaignants, Joan Arús, a dénoncé une atteinte grave aux libertés publiques :

« Il ne s’agit pas seulement de réparation personnelle, mais de dévoiler les outils utilisés pour dégrader la démocratie de l’intérieur », a-t-il déclaré.

Un scandale aux répercussions politiques

Parmi les victimes identifiées figurent notamment les eurodéputés catalans Antoni Comin, Diana Riba et Jordi Solé. La révélation fragilise encore un peu plus la confiance entre Barcelone et Madrid, alors que la question de l’indépendance reste hautement inflammable.

L’enquête porte sur des délits de « découverte et révélation de secrets » ainsi que d’« accès illégal à des systèmes informatiques ». Si les faits sont avérés, il s’agirait d’un des plus grands scandales d’espionnage politique en Europe occidentale.

Une démocratie sous pression

En ouvrant cette enquête, la justice espagnole envoie un signal fort : les institutions de l’État ne sont pas au-dessus des lois. Mais cette affaire risque aussi de relancer les tensions politiques entre Madrid et la Catalogne, où les indépendantistes dénoncent depuis des années une répression systématique.

Reste désormais à savoir si ce dossier aboutira à des condamnations ou s’il sera enterré comme d’autres affaires sensibles. En attendant, l’Espagne est confrontée à une question brûlante : jusqu’où ses services de sécurité sont-ils prêts à aller pour contrôler la dissidence politique ?

Seune Cheikh FAYE

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