Hausse record de concentration de CO₂ dans l’atmosphère en 2024 : l’ONU tire la sonnette d’alarme
La planète franchit un nouveau seuil inquiétant. Les concentrations de dioxyde de carbone (CO₂) dans l’atmosphère ont enregistré en 2024 leur plus forte hausse depuis le début des mesures modernes en 1957, a annoncé l’Organisation météorologique mondiale (OMM) ce mercredi 15 octobre. L’agence onusienne met en garde contre une accélération du dérèglement climatique et appelle à une réduction urgente des émissions mondiales.
Une progression sans précédent
Selon le rapport annuel de l’OMM, la concentration moyenne mondiale de CO₂ a connu en 2024 une augmentation record, dépassant tous les précédents relevés. Les trois principaux gaz à effet de serre – le dioxyde de carbone (CO₂), le méthane (CH₄) et le protoxyde d’azote (N₂O) – ont chacun atteint de nouveaux niveaux historiques.
« Nous sommes en train d’écrire un chapitre dangereux de l’histoire du climat », a alerté Petteri Taalas, secrétaire général de l’OMM. « Cette hausse spectaculaire du CO₂ montre que les efforts actuels sont insuffisants pour freiner le réchauffement global. »
Des causes multiples et persistantes
Les experts de l’ONU attribuent cette envolée à la hausse continue de la consommation d’énergies fossiles, à la déforestation massive et à la dégradation des sols. Les phénomènes climatiques comme El Niño, particulièrement intense en 2024, auraient également amplifié la libération de CO₂ dans l’atmosphère en réduisant la capacité d’absorption des océans et des forêts tropicales.
« Nous observons un effet d’emballement », explique un climatologue de l’OMM. « Moins nos écosystèmes absorbent de carbone, plus la concentration atmosphérique augmente — et plus le réchauffement s’accélère. »
Des conséquences globales alarmantes
Cette hausse record accentue le risque d’événements météorologiques extrêmes : vagues de chaleur, inondations, sécheresses prolongées et montée du niveau des mers. L’ONU rappelle que pour limiter le réchauffement à 1,5°C, comme le prévoit l’Accord de Paris, il faudrait réduire les émissions mondiales de 45 % d’ici à 2030 — un objectif de plus en plus hors de portée.
« Chaque dixième de degré compte », a souligné le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, dans un communiqué. « Nous ne pouvons pas continuer à retarder l’action. Les records climatiques que nous observons aujourd’hui sont les avertissements de demain. »
Un appel à l’action avant la COP30
À quelques semaines de la COP30, prévue à Belém, au Brésil, cette annonce ajoute une pression considérable sur les dirigeants mondiaux. L’ONU exhorte les États à renforcer leurs engagements climatiques, à sortir progressivement du charbon, du pétrole et du gaz, et à investir massivement dans les énergies renouvelables.
Mais malgré les promesses, les émissions mondiales continuent d’augmenter. En 2024, elles ont atteint près de 37 milliards de tonnes de CO₂, selon les estimations du Global Carbon Project.
L’urgence d’un tournant décisif
L’OMM conclut son rapport sur une mise en garde : « Le temps joue contre nous. » Sans une action immédiate et coordonnée, le monde pourrait franchir d’ici la fin de la décennie des points de non-retour climatiques, notamment la fonte accélérée des glaces du Groenland et la disparition partielle de l’Amazonie.
Cette hausse record du CO₂ en 2024 vient rappeler, une fois encore, que le réchauffement climatique n’est plus une menace future, mais une réalité présente. Le compte à rebours pour la planète est désormais enclenché.
