La Chine franchit un cap historique dans la lutte contre le réchauffement climatique
New York, mercredi 24 septembre. – La Chine a surpris la communauté internationale en annonçant un engagement inédit : réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 7 à 10 % d’ici 2035. C’est le président Xi Jinping lui-même qui a pris la parole par visioconférence lors d’un sommet climat organisé à l’ONU, confirmant une inflexion majeure dans la trajectoire énergétique du premier émetteur mondial de CO₂.
« La Chine va réduire ses émissions nettes de gaz à effet de serre sur l’ensemble de son économie de 7 à 10 % par rapport au niveau du pic », a déclaré Xi Jinping, tout en soulignant que ce pic pourrait être atteint dès cette année. Jamais Pékin n’avait donné de chiffres aussi précis pour l’horizon 2035, se contentant jusqu’ici d’un objectif lointain : atteindre la neutralité carbone en 2060.
Cette nouvelle annonce illustre la volonté de la Chine de se positionner comme acteur central de la gouvernance climatique mondiale, alors que sa dépendance au charbon reste un point de tension récurrent. Selon les experts, Pékin bénéficie aujourd’hui d’un essor spectaculaire des énergies renouvelables et de l’industrie des véhicules électriques, deux secteurs qui pourraient accélérer sa transition.
À l’international, ce signal est scruté de près. Pour de nombreux observateurs, la Chine cherche à démontrer qu’elle n’est pas seulement le « plus grand pollueur de la planète », mais aussi un moteur du changement. « Pékin envoie un message politique fort, qui pourrait obliger d’autres grands émetteurs à revoir leurs ambitions », analyse une source diplomatique européenne.
Cependant, des zones d’ombre persistent. Le pays continue d’approuver de nouvelles centrales à charbon, au nom de la sécurité énergétique et de la croissance économique. Cette contradiction nourrit le scepticisme des ONG environnementales, qui rappellent que les annonces doivent désormais se traduire en actes concrets.
En fixant un cap intermédiaire pour 2035, la Chine entend redorer son image internationale tout en s’offrant une marge de manœuvre intérieure. Reste à savoir si cet engagement sera suivi d’un plan détaillé et contraignant – condition indispensable pour convaincre que Pékin, malgré ses paradoxes, est réellement décidé à inverser la courbe de ses émissions.
