Les États-Unis volent au secours du peso argentin pour soutenir le gouvernement de Javier Milei

Les États-Unis volent au secours du peso argentin pour soutenir le gouvernement de Javier Milei

Washington, 9 octobre 2025 — Les États-Unis affichent leur soutien sans ambiguïté à l’un de leurs plus fervents alliés en Amérique latine. Le gouvernement américain a annoncé jeudi avoir acheté directement des pesos argentins et finalisé un accord d’échange de devises avec la Banque centrale d’Argentine, d’un montant de 20 milliards de dollars, afin de stabiliser la monnaie nationale et appuyer la politique économique du président Javier Milei.

Cette annonce, faite sur la plateforme X par le ministre américain des Finances, Scott Bessent, marque une étape inédite dans les relations économiques entre Washington et Buenos Aires.

« Aujourd’hui, nous avons acheté directement des pesos argentins. De plus, nous avons finalisé un accord d’échange de devises d’un montant de 20 milliards de dollars avec la Banque centrale argentine », a déclaré M. Bessent, ajoutant que le gouvernement américain est déterminé à soutenir ses alliés.

Un geste politique et économique fort

Ce soutien intervient alors que le peso argentin connaît une nouvelle dépréciation sur les marchés, fragilisant davantage une économie déjà en crise. L’administration américaine souhaite ainsi redonner de la confiance aux investisseurs internationaux et éviter une nouvelle spirale inflationniste dans le pays dirigé par Javier Milei, figure ultralibérale qui a promis de « dollariser » l’économie argentine.

À Washington, cette décision est perçue comme un signe de confiance envers Milei, dont les réformes économiques radicales – austérité budgétaire, privatisations et réduction du rôle de l’État – rejoignent la vision libérale défendue par certains cercles américains.

Javier Milei, un allié stratégique de Washington

Depuis son arrivée au pouvoir en décembre 2023, Javier Milei a multiplié les gestes de rapprochement avec les États-Unis, adoptant un ton résolument pro-américain et pro-israélien, tout en prenant ses distances avec la Chine et le Brésil, deux partenaires économiques traditionnels de l’Argentine.

Ce partenariat monétaire illustre la nouvelle orientation géopolitique de Buenos Aires, désormais tournée vers l’Occident. Pour les États-Unis, il s’agit d’une manière de consolider leur influence dans une région où la Chine, à travers ses prêts et investissements, tente de s’imposer depuis plusieurs années.

Un pari risqué mais assumé

Si l’opération apporte une bouffée d’air immédiate au peso, plusieurs économistes soulignent que le défi reste immense. L’Argentine, confrontée à une dette extérieure colossale et à une inflation à trois chiffres, doit encore convaincre que sa politique économique peut ramener durablement la stabilité.

« Ce type d’accord est un signal fort, mais il ne résout pas les causes profondes de la crise argentine », prévient l’économiste américaine Laura Stein, spécialiste de l’Amérique latine.

Un nouvel axe Washington–Buenos Aires ?

Ce geste de Washington s’inscrit dans une stratégie diplomatique plus large visant à renforcer les alliances économiques et politiques sur le continent. Pour Javier Milei, il s’agit d’une victoire symbolique et diplomatique majeure, qui conforte sa posture d’allié privilégié des États-Unis dans la région.

Alors que le peso tente de regagner du terrain et que les marchés saluent timidement la nouvelle, le message politique, lui, est clair :
Les États-Unis entendent peser de tout leur poids pour soutenir leurs partenaires les plus fidèles — et Javier Milei en fait désormais partie intégrante.

Seune Cheikh FAYE

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