Madagascar : un déficit commercial record qui devrait franchir les 2 milliards de dollars en 2025

Madagascar : un déficit commercial record qui devrait franchir les 2 milliards de dollars en 2025

La Grande Île s’enfonce dans une spirale commerciale préoccupante. Selon les dernières projections, le déficit commercial de Madagascar devrait dépasser les 2 milliards de dollars en 2025, un niveau sans précédent qui illustre l’ampleur des déséquilibres structurels de l’économie nationale.

L’écart se creuse d’année en année : en 2000, le déficit n’était que de 148 millions de dollars. Vingt-cinq ans plus tard, il atteint des proportions colossales. Déjà, au premier semestre 2025, la Banky foiben’i Madagasikara (Banque centrale) chiffrait ce déficit à 1,278 milliard de dollars. Une situation liée à la baisse continue des exportations et à la progression inexorable des importations.

Exportations en repli, importations en hausse

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre janvier et juin 2025, les exportations malgaches ont reculé de 10,8 %, tombant à 1,116 milliard de dollars. Dans le même temps, les importations ont bondi de 11 %, pour s’élever à 2,394 milliards de dollars. Cette double dynamique accentue la fragilité de la balance commerciale, déjà déficitaire à hauteur de 1,4 milliard de dollars en 2024.

Une stratégie nationale d’exportation comme plan de sauvetage

Face à cette dégradation, le gouvernement mise sur la Stratégie nationale d’exportation (SNE), présentée la semaine dernière lors d’un atelier de validation finale. Cette feuille de route se veut un outil de relance pour inverser la tendance. Elle prévoit de réduire de 30 % par an le déficit commercial global, en stimulant la compétitivité des entreprises locales et en diversifiant l’offre exportable.

Deux leviers principaux sont identifiés :

  • Accroître les exportations, en misant notamment sur des secteurs porteurs comme l’agro-industrie, le textile ou encore les produits miniers transformés.
  • Réduire la dépendance aux importations, en encourageant la substitution par des produits fabriqués localement.

Un troisième axe, plus sociétal, a également été évoqué : le changement des habitudes de consommation afin de favoriser les produits « made in Madagascar ».

Une urgence économique

Le défi reste immense. La dépendance aux importations de produits énergétiques, alimentaires et manufacturés continue de peser lourdement sur les réserves en devises, accentuant la vulnérabilité du pays face aux chocs extérieurs. Dans le même temps, les exportations souffrent d’un manque de diversification et d’une faible valeur ajoutée.

Alors que Madagascar ambitionne d’accueillir un million de touristes et d’attirer davantage d’investissements étrangers, la maîtrise du déficit commercial apparaît comme un enjeu majeur pour stabiliser son économie et soutenir une croissance inclusive.

Pour l’heure, le temps presse : si les mesures correctives tardent à porter leurs fruits, la Grande Île risque de voir son déficit se creuser encore davantage, compromettant ses perspectives de redressement économique.

Fatoumata DIOP

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