Royaume-Uni : le nombre de migrants arrivés par la Manche en 2025 dépasse déjà le total de 2024
Le Royaume-Uni fait face à une nouvelle hausse des arrivées de migrants par voie maritime. Selon les chiffres publiés ce jeudi 23 octobre par le ministère de l’Intérieur britannique, 36 954 personnes ont traversé la Manche depuis le début de l’année 2025, un nombre qui dépasse déjà le total enregistré pour l’ensemble de l’année 2024.
Ces traversées, effectuées à bord d’embarcations de fortune, témoignent d’une reprise marquée du phénomène migratoire entre la France et le sud de l’Angleterre. Malgré un renforcement des contrôles et des accords bilatéraux avec Paris, le flux reste soutenu, confirmant la persistance des réseaux de passeurs et la détermination des candidats à l’exil.
Une tendance repartie à la hausse
Le total de 2025 dépasse déjà les 35 000 arrivées recensées sur toute l’année précédente, mais reste inférieur au pic historique de 2022, où plus de 45 000 migrants avaient réussi la traversée. Les autorités britanniques estiment que plusieurs facteurs expliquent cette nouvelle hausse, notamment la stabilité des conditions météorologiques et la poursuite des conflits ou crises économiques dans les pays d’origine, en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie.
Londres sous pression politique
Cette augmentation intervient dans un contexte politique tendu au Royaume-Uni, où le gouvernement conservateur continue de faire de la lutte contre l’immigration irrégulière une priorité. Le Premier ministre a plusieurs fois réaffirmé son objectif de « stopper les bateaux », une promesse phare restée jusqu’ici sans résultats probants.
Le plan d’expulsion vers le Rwanda, censé dissuader les traversées illégales, reste suspendu à de multiples recours judiciaires et à des contestations au Parlement. Pendant ce temps, les autorités locales du Kent, principal point d’arrivée sur les côtes anglaises, font face à une saturation des centres d’accueil.
Un défi humanitaire et diplomatique
De son côté, la France affirme multiplier les patrouilles et les démantèlements de camps sur son littoral, avec le soutien financier britannique. Mais les associations humanitaires dénoncent une course sécuritaire inefficace et des conditions de vie toujours plus précaires pour les exilés.
Alors que l’année 2025 n’est pas encore terminée, la barre des 40 000 traversées pourrait être atteinte d’ici la fin de l’année, relançant un débat crucial au Royaume-Uni : comment concilier contrôle des frontières et respect du droit d’asile ?
