Turquie : quatorze migrants périssent noyés en mer Égée au large de Bodrum
Nouveau drame migratoire aux portes de l’Europe. Quatorze migrants ont trouvé la mort, vendredi, après le naufrage de leur embarcation pneumatique en mer Égée, au large de Bodrum, dans le sud-ouest de la Turquie. Les autorités locales ont confirmé la tragédie dans un communiqué, précisant que deux survivants ont pu être secourus par les garde-côtes turcs.
« Deux personnes ont été sauvées vivantes, et les corps sans vie de quatorze migrants irréguliers ont été repêchés », a indiqué le gouvernorat de Mugla, sans préciser la nationalité des victimes.
Une embarcation surchargée partie dans la nuit
Selon les premiers éléments de l’enquête, le canot pneumatique transportait plus d’une quinzaine de personnes, probablement en route vers les îles grecques toutes proches. Les autorités turques soupçonnent que l’embarcation a chaviré dans la nuit de jeudi à vendredi, en raison de la surcharge et de conditions maritimes difficiles.
Des pêcheurs locaux auraient donné l’alerte après avoir aperçu des débris flottant à la surface de la mer. Des équipes de secours maritimes, appuyées par des plongeurs et un hélicoptère, ont été dépêchées sur place dès les premières heures du jour.
Une route maritime toujours meurtrière
Ce naufrage survient alors que les tentatives de traversée entre la Turquie et la Grèce connaissent une nouvelle hausse ces derniers mois. De nombreux migrants, originaires pour la plupart d’Afghanistan, de Syrie ou d’Afrique subsaharienne, tentent de rejoindre l’Union européenne en empruntant cette voie maritime périlleuse.
Les îles grecques de Kos et Lesbos, situées à quelques kilomètres seulement des côtes turques, restent des points d’arrivée privilégiés. Selon les garde-côtes turcs, plus de 27 000 migrants ont été interceptés en mer Égée depuis le début de l’année 2025.
Ankara appelle à une coopération renforcée
Dans un communiqué, les autorités turques ont appelé à une coopération accrue avec l’Union européenne pour lutter contre les réseaux de passeurs qui exploitent la détresse des migrants.
« Ce drame montre une fois de plus la nécessité d’une action commune pour prévenir ces tragédies humaines », a souligné un responsable du ministère de l’Intérieur à Ankara.
De son côté, l’agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s’est dite « profondément attristée » par cet énième naufrage et a réitéré son appel à des voies légales et sûres de migration.
Un drame qui s’ajoute à une longue liste
Les naufrages mortels en mer Égée se multiplient depuis plusieurs années, malgré le renforcement des patrouilles turques et grecques. En septembre dernier, neuf enfants avaient déjà perdu la vie dans un incident similaire au large d’Izmir.
À Bodrum, les corps des victimes ont été transférés à l’hôpital public pour identification, tandis que les deux rescapés ont été pris en charge par les services de santé.
Un drame de plus sur cette mer devenue, pour beaucoup de migrants, le dernier obstacle vers l’espoir européen — et trop souvent leur tombeau.
