France : la dette publique franchit un nouveau cap historique à plus de 3 400 milliards d’euros

France : la dette publique franchit un nouveau cap historique à plus de 3 400 milliards d’euros

La dette publique française a atteint un niveau sans précédent au deuxième trimestre 2025. Selon les chiffres publiés jeudi 25 septembre par l’Insee, elle s’élève désormais à 3 416,3 milliards d’euros, soit 115,6 % du produit intérieur brut (PIB). Un record en valeur absolue, qui confirme l’aggravation continue des finances publiques.

Une progression soutenue par l’État

En l’espace de trois mois, entre avril et juin, l’endettement de la France a grimpé de 70,9 milliards d’euros. Une hausse qui provient essentiellement de l’État (+64,3 milliards), alors que les administrations de sécurité sociale et les collectivités locales ont enregistré une progression plus contenue.

À titre de comparaison, la dette représentait 113,9 % du PIB fin mars, soit 3 345,4 milliards d’euros, et 112,1 % au deuxième trimestre 2024, à 3 229,7 milliards.

Une trajectoire budgétaire sous tension

Cette envolée de la dette survient dans un contexte de ralentissement économique et de dépenses publiques toujours soutenues, notamment pour financer la transition énergétique, la défense et les politiques sociales. Les taux d’intérêt, bien que stabilisés, continuent de peser lourdement sur la charge de la dette, qui constitue désormais l’un des premiers postes budgétaires de l’État.

« La dette poursuit sa progression et dépasse désormais un seuil critique. La question de sa soutenabilité à long terme se pose avec acuité », estime un économiste interrogé par l’AFP.

Une pression accrue sur le gouvernement

À l’approche du débat budgétaire de l’automne, ces chiffres mettent le gouvernement sous forte pression. Bruxelles surveille de près la trajectoire française, la dette dépassant largement le plafond de 60 % fixé par les critères européens de Maastricht.

Si l’exécutif assure vouloir ramener progressivement le déficit public sous la barre des 3 % du PIB d’ici 2027, la dynamique actuelle semble rendre cet objectif particulièrement ambitieux.

La France se retrouve ainsi face à un dilemme : maintenir son niveau de soutien à l’économie et à la protection sociale, ou engager une cure d’austérité budgétaire, au risque d’attiser les tensions sociales.

Seune Cheikh FAYE

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