Le Ghana souhaite accroître l’utilisation de ses ports de Tema et de Takoradi pour faciliter les échanges commerciaux avec le Mali. Accra entend aussi renforcer sa coopération sécuritaire avec Bamako, dans un contexte marqué par les défis persistants dans la sous-région.
Ces priorités ont été présentées lundi par le nouvel ambassadeur ghanéen au Mali, le lieutenant-colonel Sanda Ahmed, reçu par le Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga.
Pays enclavé, le Mali dépend des corridors terrestres reliant son marché aux ports de la région. Pour Accra, une meilleure exploitation des infrastructures portuaires ghanéennes pourrait faciliter l’acheminement des marchandises à destination du Mali et l’expédition des produits maliens vers les marchés internationaux.
Le port de Tema dispose déjà d’une représentation des Douanes maliennes chargée du suivi des marchandises en transit. Il accueille également un terminal consacré aux échanges avec les pays sahéliens, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Takoradi offre une autre possibilité d’accès maritime aux opérateurs économiques de ces pays.
Le développement de ces axes commerciaux présente un intérêt pour les deux parties : le Mali pourrait diversifier ses voies d’approvisionnement, tandis que le Ghana chercherait à renforcer le rôle de ses ports dans le commerce régional. La fluidité du transit, les délais de passage et les coûts logistiques restent toutefois déterminants pour attirer davantage de marchandises vers ces corridors.
La coopération sécuritaire figure aussi parmi les priorités évoquées lors de l’audience. Accra souhaite approfondir ses échanges avec Bamako dans la lutte contre l’insécurité et l’extrémisme violent. La rencontre a également permis de présenter le nouvel attaché de défense ghanéen accrédité auprès du Mali.
Le Premier ministre malien s’est dit favorable au renforcement des relations bilatérales, en rappelant les liens historiques entre les deux pays, notamment sous les présidences de Modibo Keïta et de Kwame Nkrumah.
Pour Accra et Bamako, l’enjeu est désormais de traduire cette volonté politique en avancées concrètes, aussi bien dans le transit des marchandises que dans la coopération sécuritaire.







